28 févr. 2018

Le spleen flamboyant de Pierre Lapointe

(c) John Londono

Soyons clairs, malgré une homonymie avec notre célèbre chanteur de Pézenas, le répertoire de Pierre Lapointe n'est pas franchement à se rouler par terre de rire, même s'il n'a pas son pareil pour entrecouper ses chansons de considérations aussi drôles qu'insolites. Reconnu depuis une quinzaine d'années de ce côté-ci de l'Atlantique, cet auteur compositeur québécois s'est forgé une solide réputation en faisant rimer désamour avec toujours (ou presque !).
Avec lui, la carte du tendre prend mille et un détours pour nous emmener dans les sombres sentiers de "La forêt des mal-aimés" (son troisième album), nous faire découvrir l'histoire d'un mutant dans sa quête du bonheur ("Mutantès")... tout en affichant sa passion pour la pop, la littérature et les arts visuels.
Hasard du calendrier ou boutade digne de ce facétieux dandy, sa tournée a fait escale à la Cigale les 13 et 14 février derniers. Et passer la soirée de la Saint-Valentin avec ce poète du spleen, aussi flamboyant soit-il, aurait pu décourager les moins aguerris. Mais les deux concerts affichaient complets. Il faut dire qu'un artiste qui écrit : "...nous sommes deux rois, deux étalons fous, plus forts que tout. L'amour flotte dans la pièce, comme une messe, comme un vent doux. L'amour est un spasme qui grise et embrasse la vie..." a de quoi faire chavirer les coeurs.
Car outre un timbre prenant qui joue plus sur le registre de l'émotion que sur celui de la démonstration, la force et le talent de Pierre Lapointe est aussi de savoir débusquer les petits et grands travers de l'humain, les tourments de l'amour, pour en faire des chansons lyriques et bouleversantes, redoutables de cynisme parfois.
(c) John Londono
Constitué de titres extraits de ses deux derniers albums "Paris tristesse" et "La science du coeur" (enregistré notamment avec les cordes de l'Orchestre Symphonique de Montréal), le spectacle présente une oeuvre dense dans laquelle il met en musique (avec la complicité de David François Moreau) la moindre de nos pulsations défaillantes. Et lorsqu'il chante "Je t'écris cette chanson comme une lettre, une carte postale que tu liras peut-être, une photo qui j'espère mettra un peu de lumière sur les restes de nos joies...", on sent poindre juste ce qu'il faut d'espoir et de tendresse, pour ne pas sombrer dans une vaine mélancolie...

album "La science du coeur" (Columbia/Sony Music) sorti en octobre 2017
En tournée: le 9 avril 2018 au Havre (Le Tetris), le 10 avril à Sotteville Les Rouen (Festival Café de la Marine/Le Trianon Transatlantique), le 11 avril à Bruxelles (La Madeleine), le 13 avril à Genève (L'Alhambra/Voix de Fête), les 19 et 20 avril à Rennes (Festival Mythos /L'Aire Libre), le 29 juin à Toulouse (Théâtre Sorano), le 22 octobre à Paris (Salle Pleyel)...

22 févr. 2018

Des news, des news... Ouverture du "Nubia" et première édition du Festival "Biarritz en été"

- Ouverture du club-restaurant le Nubia.
Après le succès du Bonafide, sur la 52ème rue de New York, le bassiste Richard Bona inaugurera, le 15 mars prochain, le Nubia. Un club-restaurant, situé au pied de la Seine Musicale. Coté cuisine, des saveurs méditerranéennes et côté musique, une affiche devrait faire saliver les amateurs de jazz. C'est le batteur Manu Katché qui "essuiera les plâtres" (les 15 et 16 mars) avant de céder la place à The Amazing Keystone Big Band "Jazz & Cinéma", Kyle Eastwood,  Eric Legnini, Lionel Loueke/Céline Rudolph...

Le Nubia, Île Seguin, 92100 Boulogne Billancourt. http://www.clubnubia.com/


- Biarritz en été. Après la disparition du fameux Big Festival en 2016, place à Biarritz en été qui installera ses premières scènes, dès le 20 juillet, sur la côte basque.
De quoi redonner du baume au coeur des amateurs de musique pop car l'affiche réunit quelques-uns de ses solides représentants et de jeunes espoirs à découvrir dans les jardins de la Cité de l'Océan et Plage de la Milady.
Durant trois jours, la ville accueillera en effet les versaillais du groupe Phoenix, Etienne Daho, Juliette Armanet, Angèle, Cigarettes After Sex, Agar Agar, The Black Madonna, Caballero, de l'Impératrice.
Un événement orchestré par le Centre de Musique Actuelles Atalab, la Mairie de Biarritz, l'agence Super! et Les Nouvelles Éditions Indépendantes (LNEI).

Les 20, 21 et 22 juillet 2010 à Biarritz. Pass 3 jours à 93 €
Infos sur le site http://www.biarritz-en-ete.com/



20 févr. 2018

Julien Doré dédicace "Vous & Moi" à la Fnac Saint-Lazare

Après le succès de "&", vendu à plus de 500 000 exemplaires, Julien Doré sort le 2 mars prochain "Vous & Moi". "Retirer l'écorce de mes chansons, vous les confier autrement. Les revoir nues & d'un oeil nouveau. Réinventer, toujours réinventer... " confie l'artiste pour définir cet album de douze titres en version inédite et acoustique.
Un concept qu'il présentera à la Fnac Saint-Lazare, vendredi 9 mars 2018, à 18 heures lors d'une séance de dédicaces.
Évènement gratuit, sur invitation à retirer le jour même, dès 10 h, à l'accueil du magasin.

Passage du Havre
109, rue Saint-Lazare
75009 Paris

16 févr. 2018

Elise LeGrow: "Betty Wright a été ma bonne fée sur Playing Chess"

Avec son look un peu rétro, sa coupe à la Louise Brooks (la star du cinéma muet des années 20 aux États-Unis), son timbre envoûtant et son répertoire tiré du catalogue "Chess Records", le fameux label de Chicago, Elise LeGrow est l'une des révélations de ce début d'année.
Son nom vous est encore inconnu ? Nul doute qu'à l'écoute de son premier album "Playing Chess", produit par Steve Greenberg (Joss Stone, Jonas Brothers, Tom Jones...), qui sort officiellement aujourd'hui, vous tomberez, comme nous, sous le charme de cette canadienne de Toronto.
Rencontre, quelques heures après son premier concert parisien, au Café de la Danse, lundi dernier.

Votre nom a des origines françaises ?
Oui. Du côté de ma mère. Nous avons une théorie, qui n'a jamais été prouvée, que le nom d'origine devait être Legros. Dans ma famille, tout le monde a une taille impressionnante. Je suis la plus petite !
Reprendre des titres de Chuck Berry, Etta James ou Bo Diddley, c'est assez ambitieux pour un premier album, non ?
Je dirais même que c'est audacieux ! Je chante les chansons des autres depuis que je suis toute petite. Je n'ai jamais eu peur de me lancer !
Comme à l'époque où vous étiez dans un groupe de rock ?
En fait, j'étais tombée amoureuse du guitariste ! On sait comment se termine ce genre d'histoire... Mais le temps que ça a duré, c'était très sympa. Et la relation et le groupe.
Dans "Playing Chess", votre relecture est à la fois respectueuse et très personnelle ?
En fait, lorsqu'il s'agissait de chansons emblématiques comme "Rescue Me" ou "You Never Can Tell", j'ai voulu apporter quelque chose de différent. Pour celles qui étaient peut-être moins connues comme la reprise d'Etta James ("Can't shake it"), je me suis sentie plus libre de rester proche de la version originale. Je me suis volontairement éloignée de l'histoire de certains titres et de leurs interprètes car je me suis rendue compte que lorsqu'on est confronté au destin tragique de certains artistes comme Amy Winehouse ou Whitney Houston, cela peut influencer l'appréciation de la musique.
Il paraît que vous ne connaissiez pas davantage le label des frères Chess, alors que votre grand-père était musicien à Chicago ?
Mon grand-père était en effet batteur de jazz à Chicago, mon père est né dans la banlieue de cette ville. Et j'ai toujours aimé Chuck Berry et Etta James. Mais j'ignorais leur lien avec ce label et son histoire.
Quels ont été vos critères pour choisir des titres dans le vaste catalogue de Chess Records ?
Le premier était la mélodie car si je dois interpréter souvent une chanson, il est primordial que j'y prenne du plaisir. Ensuite, le texte devait résonner en moi, me donner envie de raconter une histoire.
Comment s'est passée la collaboration avec Betty Wright ?
Elle était ma bonne fée sur l'album. Son implication a été incroyable. C'est une véritable légende de la soul. Je rêverais d'une telle carrière ! Elle m'a aidée dans les petits détails mais également dans une approche plus métaphysique de la musique.  Elle avait notamment remarqué que lorsque je chantais, j'avais parfois le petit cheveu sur la langue d'Elmer Fudd, l'un des personnages de Bugs Bunny !
Elle était aussi à mes côtés pour défendre mon point de vue face à Steve et Mike (Mangini).
Votre look est un brin rétro, les chansons que vous défendez datent des années 50/60, le son de l'album est volontiers "old school". Vous êtes nostalgique d'une certaine époque ?
Le son old school est la conséquence de ma vision. Je voulais capturer l'ambiance d'une performance live avec une femme qui chantait. Cela a donné cette touche, même si ce n'était pas une volonté affichée à la base. Mais c'est vrai que tout ce que j'aime dans la mode, les arts, la musique... vient plutôt du passé.
Après ce premier concert parisien, vous comptez revenir bientôt ?
Je serais déçue et triste si ce n'était pas le cas !

Album "Playing Chess" (label S-Curve)


Juliette "J'aime pas la chanson"

En 2002, elle avait sorti un album intitulé "Le festin de Juliette". De fait, chacune de ses productions se déguste avec délectation, tant les morceaux proposés (que d'aucuns appelleront track-list) rivalisent de saveurs inédites, de rimes riches, onctueuses, relevées parfois d'une pointe d'acidité. Avec " J'aime pas la chanson", l'artiste dresse pour nous une nouvelle table, dont la carte devrait satisfaire les palais (et les oreilles) les plus exigeants.
Un titre à ne pas prendre évidemment au pied de la lettre car, depuis sa "première cassette" (une rareté, incluse dans le coffret sorti en octobre 2016), Juliette n'a rien fait d'autre que défendre sa passion pour les ritournelles bien troussées.
 A l'occasion, elle remet même au goût du jour des refrains oubliés comme "C'est ça, l'rugby !", une ode au ballon ovale popularisée par les Frères Jacques.
Après une mise en appétit vantant les mérites de la "Procrastination", elle nous invite à suivre "La météo marine"et le vague à l'âme qui la cabosse, à nous pencher sur le mystérieux attrait des "Bijoux de famille", à prendre un chemin buissonnier par la rue des Écoles dans "Une adresse à Paris", salue le courage qu'il faut pour prendre un "Aller sans retour".
A peine remis de l'émotion suscitée par les chansons consacrées aux exilés ou à l'indifférence ("Midi à ma porte"), la chanteuse nous embarque dans les interminables congratulations des primés de la grande famille du cinéma ("Je remercie").
Un opus qui se termine par un joli clin d'oeil à un instrument ("Dans mon piano droit") qu'elle maîtrise avec la même virtuosité que les chansons dont elle a signé la plupart des textes et des musiques.
Tandis qu'elle nous régale d'un réjouissant  "A carreaux !", il faut bien l'avouer: on aime sans réserve "cette "ronde du cul, frisée du tif ... et ses lunettes sur le nez".

Album "J'aime pas la chanson" (Polydor/Universal), disponible depuis le 9 février.





Nouvelles soirées jazz aux Deux Magots

Fréquenté par Rimbaud, Mallarmé, Verlaine, Louis Aragon, Picasso, Prévert, Hemingway, Elsa Triolet, Simone de Beauvoir... le lieu a confirmé sa réputation de place forte de la littérature avec la création, en 1933, du fameux Prix des Deux Magots.
Très prisé également par le monde du 7ème Art, il a notamment servi de décor pour des scènes de films comme "Les aventures de Rabbi Jacob" de Gérard Oury, "La maman et la putain" de Jean Eustache ou encore "Intouchables" d'Olivier Nakache et Éric Toledano. Le réalisateur américain J.J Abrams aurait même confié qu'il était allé chercher l'inspiration aux Deux Magots pour le 7ème épisode de "Star Wars" !
C'est dire si l'histoire de ce café, l'un des plus anciens de Paris, est lié à la foisonnante vie culturelle du quartier. Catherine Mathivat (actuelle directrice) a choisi de renouer avec l'esprit jazz de Saint-Germain-des-Prés en invitant, chaque jeudi, à partir de 19h30, des artistes et groupes à découvrir autour d'un verre ou d'un dîner. Une programmation pointue orchestrée par le batteur Lionel Boccara.
Prochains rendez-vous: Leslie Lewis, Sylvain Bellegarde, Jean-Philippe Bordier, Heather Stewart, Christian Brun, Mélanie Dahan, Sandro Zerafa, Lexie Kendrick, Menia Tobiana, Mika Gimenez...
De quoi faire mentir ceux qui affirment encore qu'il n'y a plus d'après à Saint-Germain-des-Prés...

6, Place Saint-Germain-des-Prés, 75006 Paris. Tél. 01.45.48.73.57.
http://www.lesdeuxmagots.fr/

12 févr. 2018

Ben l'Oncle Soul groove sur les succès de Sinatra

(c) Quentin Curtat
Après un concert sold out au Trianon en avril dernier, Ben l'Oncle Soul était salle Pleyel, vendredi soir, pour présenter les titres de l'album "Under My Skin" en hommage à Frank Sinatra (voir interview sur ce blog le 4 novembre 2016).
Toujours audacieux et décalé, on se souvient que le chanteur d'origine caribéenne avait rencontré un franc succès avec sa soul française. Cette fois, il a choisi de s'attaquer au répertoire d'un véritable monument !
Accompagné par un efficace combo de musiciens, le "Black Moon Band" (platines, guitares électriques, batteries, cuivres...), il évite le piège d'une relecture scolaire pour nous emmener sur des territoires inexplorés par le légendaire crooner américain.
De "My Way" à "I've got you under my skin" en passant par "Fly me to the moon" ou  "New York New York",  c'est tout un florilège de tubes incontournables qui flirtent ici avec le reggae, le blues, la soul, le funk-jazz ou le trip-hop.
Le résultat est d'autant plus saisissant que Ben l'Oncle Soul insuffle un incroyable groove à chacune de ses interprétations.
Au passage, l'artiste a remisé le look un brin rétro de ses débuts (noeud pap', costume et petit chapeau rigolo) pour endosser une tenue plus tendance: lunettes sombres, jean déchiré et blouson lamé.
Avec les années, le timbre a gagné en intensité et en profondeur. Et il faut avouer que ce show, qui tisse de solides passerelles entre les époques et les styles, est à la hauteur du challenge.
Les plus jeunes, nombreux dans la salle, ont ainsi découvert des chansons qui ne figuraient pas forcément dans leur iPod. Quant aux "anciens", les premiers instants de surprise envolés, ils ont manifestement apprécié ce vibrant hommage à celui que l'on surnommait "The Voice".

Album "Under My Skin" (Blue Note/Universal)
Dernières dates de la tournée en France: le 15 février 2018 au Centre Culturel de Provins (77), le 16 février au Centre Culturel Juliette Drouet à Fougères (35), le 17 février au Théâtre de Thalie à Montaigu (85) et le 6 mars au Théâtre Paul Eluard de Bezons.

9 févr. 2018

Slimane "Solune"

"Je me souviens des premiers refrains avec ma putain de voix cassée..." raconte Slimane dans "Solune" le rap qui ouvre l'album du même nom. Des souvenirs exprimés avec ce timbre grave et saisissant, qui lui avait permis de remporter la 5ème édition de l'émission "The Voice". La puissance de ses interprétations, sa manière de s'approprier et de nous faire aimer des titres que nous avions parfois écoutés d'une oreille indifférente, révélaient un artiste à part entière, capable d'imposer sa "griffe", quel que soit le répertoire. Dans la foulée, il avait sorti "A bout de rêves" (le 2 décembre 2016), vendu à plus de 200 000 exemplaires (double platine).
Son second opus dont le nom est une contraction de soleil et de lune, toujours introspectif, aborde aussi des thèmes de société comme les réfugiés ("Petit pays") ou les femmes victimes de violences ("Quand je serai grand"). A la fois lumineux et mélancolique, il confirme la profonde humanité d'un jeune mec de banlieue qui a écumé les petites salles et les bars, durant une dizaine d'années, avant de connaître le succès. Des années de galères qu'il n'a pas oubliées. Les potes des débuts non plus, "ceux qui ont essuyé ses pleurs et enterré ses chagrins", auxquels il rend hommage dans "Les amis".
Seize chansons habillées de pop, de sonorités orientales, de couleurs plus urbaines ou de rythmes dansants comme "Viens on s'aime", enregistrées avec la complicité d'invités tels que Camille Lellouche, Boostee, Mood et J.A.T. (Just Another Trio).
Un disque encore plus exigeant et abouti que le précédent (on passera sur les rimes un peu faciles de "Papa Héros") dont on retiendra notamment la reprise de "La chanson des vieux amants" de Brel,  "Petit Pays", le bouleversant "Je veux être vieux" ou encore "Au-delà", un titre dans lequel la voix de Slimane s'élève avec une belle intensité pour évoquer "les voyages qu'il reste à faire"...

Album "Solune" (ULM/Mercury/Universal), sorti le 26 janvier 2018.  

Grand Corps Malade sort son "Plan B"

Après "Il nous restera ça" et le succès l'an dernier du film "Patients", une adaptation de son roman autobiographique (co-réalisée avec Mehdi Idir), qui a attiré plus d'un million de spectateurs dans les salles, Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade revient à la musique et au slam avec "Plan B" qui sort officiellement le 16 février prochain. Un sixième album studio qu'il évoquera avec son public, à l'occasion d'une rencontre à la Fnac Ternes, le samedi 17 février à 14 heures.  Entrée libre, dans la limite des places disponibles.
Prochains rendez-vous sur scène à Paris, le 7 mars au Trianon et les 6 et 7 décembre 2018, salle Pleyel.

26/30, avenue des Ternes
75017 Paris

8 févr. 2018

"Moustache Academy": un show drôle et percutant

(c) Stella K
 D'entrée de jeu, le trio donne le ton d'un spectacle qui se veut à la fois ludique et porteur de messages.
Une sorte de manuel du savoir-vivre ... ensemble !
Mais un manuel rigolo, percutant et musical à destination des plus jeunes. Rien à voir avec un cours ennuyeux et moralisateur puisque les joyeux complices s'expriment en rap et ne lésinent pas sur les loufoqueries en tous genres pour rappeler, s'il en était besoin, qu'il s'agit avant tout d'un divertissement.
Les plus grands se remémoreront les batailles à la cantine, les joies et les angoisses de la rentrée des classes, les rêves de devenir princesse ou Batman, les rivalités pour prendre la place du chouchou auprès de la maîtresse... Mais au-delà de la franche rigolade, "Moustache Academy" (un spectacle sous-titré "Back To School !") parle aussi de la tolérance, des chagrins d'amour, des conflits à la maison, d'écologie, de l'acceptation de l'autre et de ses différences.
(c) Stella K
Derrière les moustaches de cette drôle d'Academy se cachent Astien Bosche, Mathurin Meslay (les auteurs, sur des musiques de Jonathan Oberlander) et Ed Wood.
Avec leurs baskets colorées, ils ont déjà écumé les scènes du Théâtre du Rond-Point, des Trois Baudets, du Gymnase, de l'Européen ou du Festival d'Avignon avec "Le Grandiloquent Moustache Poésie Club".
Il n'y a évidemment rien de grandiloquent ni de paternaliste dans leur démarche mais plutôt une approche tendre, bourrée d'humour et d'intelligence pour lutter contre les clichés et évoquer le quotidien de certains gamins.
Des gamins difficiles à berner lorsqu'il s'agit de capter leur attention. Et à voir leurs bouilles réjouies, la spontanéité de leurs réactions et de leurs applaudissements, on se dit que le pari est gagné haut la capuche !

Jusqu'au 8 avril 2018, les dimanches à 15h30 (sauf le 25 février), au Grand Point Virgule, 8 bis, rue de l'Arrivée, 75015 Paris. Places à 20 € et 15 € (tarif réduit). Offre pack "famille" sur le site.
Infos au 01.42.78.67.03 et billetterie sur http://www.legrandpointvirgule.com/


7 févr. 2018

L'Ecole des Fables: une joyeuse récréation musicale

(c) Marie-Hélène Blanchet
et Françoise Semence
Déjà présenté le 2 décembre 2017, le spectacle était à nouveau à l'affiche de l'Européen samedi dernier. En matinée évidemment puisqu'il s'adresse avant tout aux enfants. Mais pour les parents qui étaient dans la salle, la démarche n'avait pas vraiment l'air d'être une corvée !
Au milieu des voix enfantines, il n'était pas rare d'entendre des timbres plus graves pour reprendre en choeur les refrains des chansons extraites du livre-disque "L'École des Fables" (d'après une idée originale de Christian Vié, Valentin Marceau et Thomas Semence, sur des illustrations de Monsieur B).
Un livre-disque enregistré avec la participation de Jean-Louis Aubert, Joyce Jonathan, Ours, Doc Gynéco, Axel Bauer, Albin de la Simone... qui a remporté un succès mérité. Impossible de rester insensible au blues du canasson rêvant d'être chanteur, aux élans amoureux du loup peureux, à l'étrange mouche qui ne fait pas "bzzz, bzzz, bzzz", aux amours contrariées entre un poisson volant et un oiseau ou au lion, roi des animaux.
Des fables tendres, farfelues et attachantes interprétées sur scène par Rose, Hanna, Valentin Marceau, Thomas Semence et Benoît Dorémus. Des chanteurs et musiciens dont la complicité avec le public était évidente.
Hormis quelques peluches disséminées ici et là, le décor était sobre, voire minimaliste, l'accent étant mis sur les textes drôles, parfois caustiques et les musiques entraînantes. Après les représentations parisiennes, le spectacle a entamé une tournée des écoles. Nul doute que ce répertoire devrait permettre aux enfants de passer une joyeuse récréation musicale...

Album "L'école des Fables" (Éditions Éveil Et Découvertes), sorti le 21 septembre 2017.

Williams Brutus: une entrée remarquée sur la scène world

 Les plus curieux auront sans doute reconnu le timbre de l'autre moitié de Saï, un duo acoustique formé il y a une dizaine d'années. A l'époque il se produisait avec son complice rencontré sur les pistes du 400 mètres, une épreuve qui lui a permis de décrocher la troisième place du championnat de France d'athlétisme. "J'ai renoncé au sport car je ne m'estimais plus assez performant. Ma passion pour la musique a repris le dessus" confie l'artiste originaire d'Haïti.
C'est d'ailleurs lors d'un voyage sur cette île où il n'était pas revenu depuis l'âge de cinq ans que William Brutus a éprouvé le besoin de graver ses émotions sur ce premier album solo baptisé "L'Estère". "Lorsque je me suis lancé dans ce projet, j'ai cherché un nom d'artiste mais celui de ma naissance s'est imposé comme une évidence. Quant au disque, il porte celui de mon village car toutes les chansons m'ont été inspirées par ce retour aux sources". Des textes écrits quelques mois plus tard et qui parlent tous d'amour et d'espoir. "Là-bas, j'ai ressenti une émotion et une force incroyables. En France, il suffit d'appuyer sur un bouton pour faire jaillir l'électricité et on oublie que ce n'est pas le cas pour tout le monde. Malgré cela, les gens que j'ai rencontrés étaient tous souriants" confie Williams.
Formé à la guitare classique au Conservatoire de Mâcon (la ville de sa famille d'adoption), il a également composé les musiques de cet opus, naviguant harmonieusement entre reggae, soul, pop et sonorités africaines. Un répertoire métissé, accentué par le mélange des instruments classiques et traditionnels comme le violoncelle ou la Kora, très populaire dans le blues mandingue, que l'on peut entendre sur "Dilé". Onze titres emmenés par le Tube "You can't Stop The Rain" et portés par une voix aussi suave que prenante. On peut évidemment s'interroger sur la reprise inattendue du succès de Cyndi Lauper "Girls Just Want To Have Fun" ?  "J'ai toujours adoré cette chanson. Elle reste en tête et me donne la pêche" explique le chanteur qui réussit brillamment l'exercice.
Après avoir assuré les premières parties de UB 40, Maxime Le Forestier, Patrick Bruel ou Pierpoljak (l'album sort d'ailleurs sur le label de ce dernier), Williams Brutus fait une entrée remarquée sur la scène world. Car, n'en déplaise à ceux qui lui ont collé un peu vite l'étiquette de révélation reggae, cet artiste prouve, une fois de plus, que la musique se moque des frontières...

"L'Estère" (Garvey Drive Records/Musicast), sorti le 2 février dernier.
En concert le 3 mars 2018 à Mâcon (La Cave à Musique), le 22 mars  2018 à Dijon (Bistrot LaScène)...

5 févr. 2018

Rendez-vous: Festival Le Blues autour du Zinc et Le Disquaire Day

- "Le Blues autour du Zinc". Avec l'arrivée du printemps, c'est aussi tous les amoureux du blues qui déferlent dans la ville de Beauvais. Il faut dire que, chaque année, les organisateurs mettent les petits plats dans les grands pour proposer un programme aux petits oignons ! Et quelques exclusivités comme Kaz Hawkins pour la soirée de lancement, la guitariste et chanteuse irlandaise Grainne Duffy ou la britannique Elles Bailey, surnommée "la princesse du blues".
Au menu également de cette 23ème édition:  Wille & The Bandits, The Excitements, The Marcus King Band, DeRobert  and The Half-Truth, Jo Harman, Secret Gigs... Au total, plus de 50 concerts dont une grande partie se déroule dans les bars et restaurants de Beauvais.

Du 16 au 25 mars 2018. Infos sur le site http://www.zincblues.com/

- Disquaire Day/Record Store Day. Huitième édition de cette manifestation créée en France (en 2011) par le CALIF (Club Action des Labels Indépendants Français). Durant toute une journée, les amateurs de vinyles pourront dénicher chez les disquaires indépendants des éditions limitées et exclusives, uniquement disponibles le 21 avril prochain.
Site http://www.disquaireday.fr/

Festival Paris Music: une 3ème édition parrainée par Piers Faccini

Dès sa création par les organisateurs du "Disquaire Day", en association avec la Mairie de Paris, ce festival a remporté un vif succès avec un concept original : proposer des concerts dans des lieux emblématiques et insolites de la capitale. 
L'occasion de conjuguer le plaisir d'une visite à l'Hôtel de Lauzun pour découvrir la carte blanche à Piers Faccini (parrain de cette troisième édition), de retrouver JP Nataf au milieu des toiles du Musée Eugène Delacroix, d'applaudir la rappeuse (et comédienne) Aloïse Sauvage dans la Bibliothèque Historique de Paris ou de suivre le Chapelier Fou dans la secrète Crypte Archéologique de l'île de la Cité.
Trois jours de concerts, de performances et de créations qui devraient rassembler les amateurs d'art, de vieilles pierres, de musique contemporaine et classique, de pop, de jazz, d'électro, de hip hop...
Tout cela pour un tarif unique de 10 Euros dans toutes les salles !

Les 15, 16 et 17 mars 2018. Programme complet sur le site http://www.paris-music.com/
Réservations sur : http://www.digitick.com/index-css5-parismusic-pg1.html

1 févr. 2018

Juliette: rencontre et mini-concert à la Fnac Saint-Lazare

Nouvelle tournée et nouvel album pour la chanteuse qui a fêté l'an dernier ses 30 ans de carrière ! Une carrière ponctuée d'albums indispensables comme "Que Tal ?", "Irrésistible", "Rimes Féminines" "Assassins sans couteaux", "Mutatis Mutandis"...
A l'occasion de la sortie de "J'aime pas la chanson" (dans les bacs le 9 février prochain), Juliette viendra à la rencontre de son public le mercredi 14 février 2018, à 18 heures, à la Fnac Saint-Lazare. Un rendez-vous musical suivi d'un mini-concert.
Évènement gratuit et en accès libre, dans la limite des places disponibles.

Passage du Havre
109, rue Saint-Lazare
75009 Paris


Académie du Jazz: le palmarès 2017

"Je l'avais dit jadis lorsque j'amenai en France le premier jazz -les Billy Arnold-, pour le présenter sur une scène de concert : le jazz est une pulsation. Il se simplifiera ou se compliquera selon les fièvres. Mais il ne relève pas d'une mode..." écrivait Jean Cocteau.
Des mots que l'on retrouve sur le site de l'Académie du Jazz. Et la fièvre est plus que jamais présente ! Pour preuve la cérémonie annuelle de remise des prix, présidée par François Lacharme,  qui s'est déroulée le 21 janvier dernier au Pan Piper, devant une salle pleine. Une soirée pleine de surprises, comme la présence inespérée du grand contrebassiste Chris McBride renonçant à un contrat Outre-Atlantique pour venir chercher son trophée. Une soirée marquée également par un florilège d'artistes féminines dont les vocalises ont fait grimper la température dans les rangs de l'auditoire.
Voici la liste des lauréats pour l'édition 2017:

- Prix Django Reinhardt (musicien français de l'année), avec le soutien de la Fondation BNP Paribas: Cécile McLorin Salvant
- Grand Prix de l'Académie du Jazz (meilleur disque de l'année): Christian McBride Big Band "Bringin'It"
- Prix du Disque Français (meilleur disque enregistré par un musicien français): Laurent de Wilde "New Monk Trio"
- Prix du Musicien Européen (récompensé pour son oeuvre ou son actualité récente): Susanne Abbuehl
- Prix de la Meilleure Réédition ou du Meilleur Inédit: Thelonious Monk "Les Liaisons Dangereuses 1960" et Lucky Thompson "Complete Parisian Small Group Sessions 1956-1959".
- Prix du Jazz Classique: Michel Pastre 5tet Featuring Dany Doriz & Ken Keplowski "Tribute to Lionel Hampton".
- Prix du Jazz Vocal: Karin Krog "The Many Faces of Karin Krog, Recordings 1967-2017".
- Prix Soul : The Como Mamas "Move Upstairs".
- Prix Blues: Thornetta Davis "Honest Woman".
- Prix du Livre de Jazz: Pierre Fargeton "André Hodeir, le jazz et son double".