30 nov. 2016

La turbulente virtuosité d'"Akoreacro"

(c) Jean-Luc Tabuteau

Il se sont rencontrés dans une école de cirque et sillonnent l'Europe depuis 2013.
Programmé dans le cadre de "Villette en Cirques", le collectif Akoreacro présente ici son nouveau spectacle "Klaxon".
Dès les premières minutes, les six acrobates et cinq musiciens investissent le chapiteau dans un joyeux capharnaüm. Ils gesticulent, s'apostrophent dans une langue qui ressemble à du russe, courent sans but apparent sur la piste....et on se demande un peu ce qui nous attend !
Une inquiétude qui s'estompe très vite avec des numéros qui s'enchaînent à un rythme d'enfer. Et quels numéros ! Entre les incroyables circonvolutions d'une roue Cyr, le jonglage avec des balles de ping-pong et un balai géant, un piano à roulettes tiré par une corde, qui sert à l'occasion de tremplin pour les acrobates, les vertigineuses voltiges au trapèze ou la partie de tennis avec des poêles en guise de raquettes... ces drôles de circassiens impressionnent par leur originalité et leur virtuosité. Le tout en musique... et sans filet !
Ajoutez à cela, un pianiste échevelé qui s'évertue à jouer les Variations Goldberg de Bach tandis que ses turbulents complices font des cabrioles sur son instrument et vous aurez une petite idée du spectacle de Akoreacro qui s'installe pour la première fois à la Villette.
En bonus, chaque dimanche,  un after musical (et gratuit) organisé avec la troupe, sous la tente restauration. Histoire de prolonger le plaisir...

Jusqu'au 25 décembre 2016, du mercredi au samedi à 20 h et mat. dim. à 16 h (relâche le 24 décembre), Espace Chapiteaux, Porte de la Villette, 75019 Paris. Prix: 26 €, tarifs réduits à 20 et 15 €, et 10 € (- de 12 ans). Tél.: 01.40.03.75.75. http://www.lavillette.com/

29 nov. 2016

Les Sourds-Doués: quatre garçons dans le vent

Ils  ont fréquenté les conservatoires et, à l'instar du fameux Quatuor ou des DéSaxés, Adrien Besse (clarinette), Pierre Pichaud (trompette), François Pascal (clarinette basse) et Nicolas Josa (cor) ont choisi l'option humour. A l'image de leur spectacle "Sur un malentendu...". Pas d'équivoque, cependant, lorsqu'il s'agit d'exercer un talent qui se joue des partitions. Puisant dans un répertoire qui va de Ravel à Piazzolla en passant par Gershwin, Ray Charles, les chansons populaires ou des musiques de films et de dessins animés, ces joyeux complices font souffler une bienheureuse fantaisie sur scène.
Les gags dont ils entrecoupent les morceaux révèlent un esprit tendance potache mais ils ont eu la bonne idée d'y ajouter (grâce aux tours enseignés par Nicolas Audouze) quelques mesures de magie du plus bel effet. Et l'on apprécie les pauses poétiques avec la petite boîte à musique, cette photo d'enfance tirée d'une boîte à souvenirs ou la distribution de bougies dans le public.
Du coup, lorsqu'ils s'amusent à jouer les premières notes de "Il en faut pour être heureux", la chanson extraite du Livre de la Jungle, on s'accorde à oublier, durant un peu plus d'une heure, la morosité ambiante...

Du 1er au 23 décembre 2016, les jeudis, vendredis et samedis  à 21 h, mat. dim. à 17 h 30, à l'Auguste Théâtre, 6, Impasse Lamier, 75011 Paris. Tél.: 01.43.67.20.47. http://www.augustetheatre.com/

Les Vieilles Canailles rempilent !

L'événement semblait exceptionnel mais, manifestement, les Vieilles Canailles ont décidé de ne pas bouder leur plaisir... et le nôtre !
Après le succès de leurs concerts à Bercy en novembre 2014, Jacques Dutronc, Johnny Hallyday et Eddy Mitchell (qui affichent chacun plus de 70 ans au compteur !) rempilent pour une tournée de 14 dates annoncées à ce jour.
Première escale le 10 juin 2017 au Stade Pierre Mauroy de Lille avant de prendre la toute pour se produire à Strasbourg, Rouen, Toulouse, Bruxelles, Genève, Nantes, Dijon, Clermont-Ferrand...
Un seul concert est prévu à Paris, le 24 juin 2017, à l'AcccorHotels Arena.
Ouverture des locations dans les points de vente habituels, dès demain, mercredi 30 novembre, à 10 heures.

28 nov. 2016

Des news, des news...

- Les Grands Prix du Disque et du DVD 2016. Le 24 novembre dernier, à la Maison de la Radio, avait lieu la 69ème cérémonie des prix de l'Académie Charles Cros. Dans la catégorie "In Honorem Interprètes"  Juliette, Véronique Gens, Donatienne Michel-Dansac et le contrebassiste de jazz Henri Texier ont été ainsi récompensés pour l'ensemble de leur carrière. Parmi les 14 "Grands Prix Internationaux du disque", on retiendra Pierre de Bethmann (jazz), Merlot (Disque pour enfants), Michèle Bernard et Christian Olivier (Chanson), Hildebrandt (Chanson découverte), le claveciniste Justin Taylor (découverte classique)... Et dans celle des "Grands Prix Charles Cros Scène" (avec la Fédération des Festivals de la chanson Francophone: Miossec (Grand Prix Scène), Jules et le Vilain Orchestra et Barbara Weldens (Prix Révélation Scène)... Liste complète des lauréats sur http://www.charlescros.org/

(c) Hervé Photograff
- ABADABA. Reprise du spectacle sous-titré "Enfin enfants, sortez vos parents" réunissant une ménagerie de peluches avec dresseur, des marionnettes, du trapèze, du jonglage.... Des numéros joliment décalés, dans l'esprit du Cirque Électrique.  L'occasion de partager, en famille, des moments magiques (voir le 11/12/2014 et le 30/11/2015 sur ce blog).

Du 7 au 24 décembre 2016, au Cirque Électrique, Place du Maquis du Vercors, 75020 Paris. Infos au 09.54.54.47.24. - reservations@cirque-electrique.com

25 nov. 2016

"Farces et attrapes": un conte burlesque et moderne

Sacapou
Imaginé par Jeanne Plante qui  joue successivement les rôles de la Princesse Guimauve, de la fée Turlututu et du Prince Islapète, ce spectacle casse les codes du genre en apportant une touche burlesque et décalée au traditionnel conte pour enfants.
A ses côtés, Jean-Marc Bihour campe avec talent les trois autres personnages: la sorcière Pifcrochu, Sacapou et le Roi Bonsire. Ce dernier, inconsolable depuis la mort de sa femme trouve un peu de réconfort dans le chant. Un mauvais sort menaçant d'engloutir le royaume si la princesse ne se marie pas avant le lendemain à minuit, tout ce petit monde s'agite pour que la demoiselle trouve... basket à son pied !
Une histoire racontée avec le langage d'aujourd'hui et en musique, grâce à la complicité d'un joli quatuor à cordes. Dans "Farces et attrapes", la princesse fait le mur pour aller danser en boîte avec ses copines, la sorcière croque elle-même la pomme empoisonnée et le prince a troqué son cheval blanc contre un skate. Quant au délirant Sacapou, il vante à qui veut l'entendre, le bonheur d'abriter une joyeuse colonie de poux dans sa tignasse...
Et comme il fallait bien une morale, celle de ce conte est qu'il ne faut pas croire aux malédictions puisque la vie n'est que "Farces et attrapes"...

Le samedi 26 novembre à 11 h et 14 h et le samedi 3 décembre, à 11 h et 14 h,  au Théâtre de l'Atelier, 1, Place Charles Dullin, 75018 Paris. Tél.: 01.46.06.19.89. Prix: 18 € et tarif enfant à 10 € jusqu'à 12 ans. http://www.theatre-atelier.com/

23 nov. 2016

Festival Only French... et 100% live

"Notre but: montrer la richesse des artistes et de la chanson francophone en diffusant du bon son", tel est le credo des associations Only French et Catalyse, à l'origine de ce festival qui a déjà programmé Tom Poisson, Faada Freddy, Chloé Lacan, Arman Méliès, Geneviève Morissette, le Cirque des Mirages...
Lia
Pour cette 23ème édition, présentée dans deux salles parisiennes, huit artistes défendront les belles couleurs de la francophonie.
Coup d'envoi le 1er décembre à la Boule Noire avec le suisse Lia, dont l'album "Quand l'homme s'endort" a reçu le Prix Coup de Coeur de l'Académie Charles Cros, la chanteuse tunisienne Nawel Ben Kraïem (lauréate du prix "Mon premier Grand Studio RTL") et le trio français NiLem qui fêtera, le jour même,  la sortie de son nouvel EP. Le lendemain, sur la même scène, Le Ligand (France) lèvera le voile sur sa pop-folk "intimystique" avant de céder la place au percussionniste, batteur et chanteur Koto Brawa, venu du Burkina Faso et enfin Cathy Renoir que le public a pu découvrir aux côtés de Ray Lema ou Manu Dibango.
Le 3 décembre, rendez-vous cette fois au Pan Piper pour une soirée spéciale "Le rêve africain" réunissant Tina Mweni, une chanteuse kenyane élevée au Danemark et Sahad & The Nataal Patchwork.
Tina Mweni

Du 1er au 3 décembre 2016, à la Boule Noire, 120, boulevard de Rochechouart, 75018 Paris et au Pan Piper, 2-4, Impasse Lamier, 75011 Paris. Tarifs: 12 € en prévente, 15 € sur place et 10 € pour les moins de 18 ans (gratuit - 10 ans). Loc. Fnac. Renseignements sur le site http://www.onlyfrench.fr/

21 nov. 2016

François Staal: "j'aime m'amuser avec les mots"

Compositeur d'une soixantaine de musiques pour le cinéma, la publicité et la télévision, François Staal est également (et surtout) un rockeur féru de poésie. Un peu à l'image d'Alain Bashung, Hubert-Félix Thiéfaine ou Dominique A. Certains n'hésitent pas à voir en lui une version française de Lou Reed ! Il y a quelques jours, sur la scène du Trianon, accompagné d'une solide formation de musiciens, il a présenté les titres de son nouvel album "L'Incertain" (dans les bacs le 25 novembre prochain). Douze chansons denses, empreintes d'humanisme, dans lesquelles il parle d'anges athées, des déracinés avec "Loin d'ici, une rivière", de ses désirs d'évasion du côté des banquises de l'"Arctic Bay"...

Depuis votre premier album "Cent millions", sorti chez Virgin (en 2001), vous êtes devenu un artiste plutôt underground, non ?
A l'époque, j'ai refusé tout ce qu'on me proposait parce que je ne me sentais pas prêt. Aujourd'ui, à tort ou à raison, je me sens bien sur scène. Pour toucher le public, il faut prendre des risques et ne pas tricher. Je suis en rupture, on peut même dire en lutte contre le système. Je ne fais pas le tour des maisons de disques.
Vous préférez passer par Facebook ?
J'ai été un précurseur dans l'utilisation des réseaux sociaux pour mes concerts ! Lorsque j'ai envisagé de passer à l'Européen qui fait 400 places, j'ai créé un groupe en me disant que si j'arrivais à 300 inscriptions, je me produirais dans cette salle. Cela a marché. J'ai récidivé plus tard pour l'Olympia en élevant la barre à 900. J'y ai fêté mes 50 ans en public, jour pour jour, le 11 novembre 2011.
Et en famille ?
C'est vrai. Un de mes musiciens m'avait lâché et je me demandais comment j'allais me débrouiller pour le remplacer. Alors que j'en parlais à la maison avec ma compagne Sophie qui m'accompagne à l'harmonica et aux choeurs, mon fils Arthur m'a demandé pourquoi je n'avais pas pensé à lui. Il avait étudié la batterie au conservatoire, et je ne savais même pas qu'il jouait aussi de la guitare ! Il a fait l'Olympia à mes côtés. L'aventure s'est poursuivie avec Paul mon autre fils (aux claviers) pour mon second Olympia.
Vous jonglez avec les phrases à double sens. Est-ce une manière de vous rapprocher de Bashung qui disait : "si je comprends le texte à la première écoute, ça m'emmerde" ?
J'ai toujours veillé à soigner mon écriture. J'aime bien faire appel à l'imagination ou à l'interprétation des gens qui m'écoutent. Mais je vais peut-être éditer des petits livrets pour les prochains concerts.
Vous travaillez également sur l'écriture d'un livre ?
J'aime m'amuser avec les mots et j'ai commencé à travailler sur un roman. Une fiction qui ne parle pas de ma vie mais de mon regard sur le monde. Il y a donc un petit peu de moi dans tous les personnages.
Pouvez-vous nous parler de votre rencontre avec CharlElie Couture ? 
Un soir de désespérance, j'ai envoyé un mail à 4 ou 5 artistes connus avec un lien pour écouter quelques titres. Quinze jours plus tard, j'ai eu un retour de CharlElie me demandant ce qu'il pouvait faire pour moi. J'ai proposé un duo et il a répondu: ça marche ! Nous avons pris rendez-vous et  enregistré "Tout briser" qui figure sur mon album "Emois".
Sur scène, vous dédiez la chanson "Loin d'ici, une rivière" aux réfugiés. Vous pensez qu'un artiste doit s'engager ?
Je fais rarement ce genre de chanson mais, au-delà du divertissement, un artiste à une mission. La musique est sans doute l'art le plus abstrait au monde mais c'est aussi le plus physique. C'est de l'air qui vibre...

Album "L'Incertain" (13 Bis Music)
En concert, les 27 février et 27 mars 2017, sur la Péniche Antipode, face au 55, Quai de la Seine, 75019 Paris. Tél.: 01.42.03.39.07. http://www.penicheantipode.fr/ 

Hélène Nougaro: "Je fonctionne au coup de coeur !"...

Hélène Nougaro
Dix ans après la disparition de son compagnon (le 4 mars 2004), Hélène Nougaro a inauguré une galerie, au coeur du Quartier Latin.
 A quelques mètres de leur havre parisien et des "Pigeons du Square Viviani". elle y expose des peintres, plasticiens, sculpteurs contemporains... Prochains rendez-vous avec Fronza (du 24 novembre au 24 décembre 2016), l'aquarelliste Daniel Estrade ou encore Frédéric Brandon (d'avril 2017 à avril 2018).
Rencontre avec une femme passionnée qui inspira à Nougaro la chanson "L'Île Hélène".

Comment est né ce projet de galerie ?
Je n'ai pas fait d'école d'art mais j'ai toujours aimé la peinture. J'ai eu l'opportunité de m'occuper de cette galerie il y a maintenant deux ans et demi. Grâce à Jean-Marc Natel. qui m'a permis de rencontrer de nombreux artistes, j'ai eu envie de me lancer. Pour la petite histoire, Jean-Marc est le co-auteur (avec Alain Boublil) des chansons de la comédie musicale "Les Misérables".
C'est vous qui choisissez les artistes ?
Oui. Je suis seul maître à bord... de la galère ! Malgré les difficultés, je ne changerai pour rien au monde. Ma première exposition était consacrée à Arthur Djoroukhian dont l'oeuvre tourne autour du bidon. Il y a eu ensuite un grec qui faisait du meuble-sculpture, un sculpteur macédonien.. Prochainement, je compte présenter des petits formats, accessibles à partir de 250 €. Je fonctionne au coup de coeur. Il faut admirer les artistes qu'on expose.
Un goût pour l'art que vous partagiez avec Claude ?
Il s'intéressait aux belles choses mais il n'était pas collectionneur.
Comment expliquez-vous le fait que si peu d'artistes revendiquent aujourd'hui son héritage ?
Galerie Hélène Nougaro
Son écriture, sa manière de chanter étaient très personnelles. Chacun le fait avec son ressenti, son angle. Il y a toujours beaucoup de respect et de probité. Claude est souvent cité et repris par des compagnies théâtrales. J'ai eu l'occasion de voir "L'Araignée de l'Eternel" au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis ou "Duo sur Nougaro" (à l'affiche de l'Archipel). Ce sont des spectacles qui donnent envie d'écouter ses textes.
Certains peintres que vous recevez ont un lien avec la musique, non ?
C'est vrai. Après Olivier Legrand (le fils de Raymond et le frère de Michel), il y aura l'aquarelliste Daniel Estrade qui avait travaillé sur l'album "Locomotive d'or". J'ai aussi exposé Jean-Louis Guitard, sur la recommandation du patron du Lapin Agile (le cabaret où Nougaro fit ses débuts sur scène). J'ai même organisé quelques concerts à la galerie. Ce sont de petits clins d'oeil à Claude...

Galerie Hélène Nougaro - Espace Mailletz, 17, rue du Petit Pont, 75005 Paris.
www.galeriehelenenougaro.com

15 nov. 2016

Des news, des news...

- Les 25 ans du Hard Rock Cafe Paris. Dès le 17 novembre prochain, début des festivités avec 25 jours de jeux et de rock autour du message "#MerciParis". Au menu: trois concerts live: Best of Floyd, le 23 novembre, Junior Rodriguez and The Evil Things le 30 novembre et DJ Rudeep le 7 décembre. Et grâce à des cartes à gratter (toutes gagnantes !), remises à chaque client, vous pourrez remporter un séjour pour 2 personnes au Hard Rock Cafe Tenerife (qui vient d'ouvrir ses portes), deux guitares Fender (de la nouvelle série Offset Mustang) ou des repas, cocktails et desserts qui font la réputation de l'enseigne installée sur les Grands Boulevards depuis un quart de siècle.

Du 17 novembre au 11 décembre 2016
14, boulevard Montmartre, 75009 Paris
Tél.: 01.53.24.60.00



- Ben l'Oncle Soul. De passage à Paris pour la sortie de "Under My Skin", un troisième album dans lequel il emmène des standards de Frank Sinatra du côté de la soul, du blues, du jazz et du reggae, le chanteur se produira en showcase à la Fnac des Ternes, le mercredi 16 novembre à 18 heures. 
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Forum des rencontres, niveau 4
26/30, avenue des Ternes, 75017 Paris

14 nov. 2016

"Aventuriers des mers" à l'IMA

Tanzanie-Zanzibar (DR)
Sous-titrée "De Sindbad à Marco Polo", l'exposition qui débute demain à l'Institut du Monde Arabe (en partenariat avec le MuCEM de Marseille) propose un fantastique périple en Méditerranée jusqu'aux confins de l'Océan Indien, des débuts de l'Islam à l'aube du XVIIème siècle.
A la barre; Sindbad, le légendaire marin des Mille et Une Nuit, vous guidera à la découverte de la mer, fascinante et redoutable.
Une véritable immersion, mêlant son, images et procédés optiques qui permettra notamment d'écouter le voyageur géographe Ibn Jubayr évoquant un terrible naufrage, d'admirer les statuettes, tableaux et miniatures latines et arabes illustrant les dangers de la mer, de mesurer la richesse des échanges maritimes en suivant la route des verreries d'Alexandrie, de Venise ou de Bohème, des monnaires grecques et des diamants de Golconde, des porcelaines, des soieries et des épices venues de Chine ou des Moluques...
Falmaneh
(Livre des sorts)
Après avoir essayé de décrypter les cartes, mappemondes et autres traités astronomiques, le visiteur est alors invité à embarquer avec des navigateurs tels que le persan Nâsiri Khusraw, le marchand italien Marco Polo ou encore Ibn Battûta, l'un des plus grands voyageurs du Moyen Âge dont les péripéties sont racontées dans un théâtre d'ombres..
Une exposition qui devrait séduire les petits et grands aventuriers.

Du 15 novembre 2016 au 26 février 2017, du mardi au vendredi de 10 h à 18 h, les sam., dim. et jours fériés de 10 h à 19 h, à l'Institut du Monde Arabe, 1, rue des Fossés Saint-Bernard, 75005 Paris. 
Tél.; 01.40.51.38.38. Prix; 12 € et 10 € (tarif réduit). www.imarabe.org
Exposition présentée ensuite au MuCEM à Marseille du 23 mai au 25 septembre 2017.

13 nov. 2016

Jeanne Rochette se dévoile

(D.R.)
Son album, le premier sorti en France, s'intitule "Cachée" et on prend le pari qu'elle ne devrait plus le rester très longtemps...Elle a d'ailleurs assuré la première partie de Philippe Katerine à l'Estival de Saint-Germain-en-Laye (le 2 octobre) et participe à la finale du tremplin "Et la chanson va !" (parrainé Francis Cabrel). qui se déroulera le 14 novembre prochain à l'Auditorium de Saint-Germain-des-Prés.
Il y a quelques jours, dans le cadre intimiste de chez Madame Arthur, le fameux cabaret de la rue des Martyrs, qui a la bonne idée de s'ouvrir à la chanson, Jeanne Rochette dévoilait ses talents d'auteure-compositrice. Et un timbre si mélodieux que l'addiction nous guette au détour de chaque refrain !
En 2004, la demoiselle avait fait le choix de franchir l'Atlantique pour s'installer au Québec. Elle y rencontrera notamment le pianiste de jazz François Bourassa. Dix ans plus tard, après l'enregistrement d'un premier album "Elle sort" (en 2010), des concerts et tournées en Angleterre, en Chine, en Inde... Jeanne boucle à nouveau ses bagages pour revenir en France. La capitale lui manque, comme elle le chante si joliment dans "Paris", l'un des onze titres de "Cachée" dont elle a signé paroles et musiques. Sur des arrangements soignés, elle évoque son désarroi devant "Les armoires vides", l'absence dans "Et si", une passion d'hier croisée dans "L'escalier" tout en délivrant de précieux conseils aux filles complexées avec "Paroles d'amies". Des chansons poétiques, tout à tour émouvantes et légères, qu'elle interprète avec une belle aisance scénique. Il faut dire que, outre le chant lyrique, le jazz, l'improvisation, Jeanne a étudié le théâtre et même la danse indienne ! "J'ai toujours été curieuse de toutes les formes artistiques. Je me sens proche d'artistes comme Camille dont j'aime la démarche expérimentale ou de James Thierrée. Voir ce dernier sur scène, c'est un peu comme si on assistait à la réalisation d'un rêve d'enfant. Moi, j'essaie de me surprendre, c'est ce qui m'alimente. J'adorerais travailler avec un metteur en scène" confie-t-elle. Une manière d'ajouter quelques couleurs à une palette déjà riche. "Jeanne Rochette, c'est de la ouate pour l'oreille et le coeur" affirme Michel Rivard. Il est donc grand temps d'ouvrir ses oreilles et son coeur pour la découvrir.

Le 28 novembre 2016, à 20 h 30, chez Madame Arthur, 75, rue des Martyrs, 75018 Paris. 
Tél.: 01.40.05.08.10. http://www.madamearthur.fr/
album "Cachée" (L'Autre Distribution)

8 nov. 2016

"Un été 44": un souffle de liberté au Comédia

L'exercice était périlleux: évoquer cette période charnière entre le débarquement en Normandie et la libération de Paris, sans tomber dans le cours d'histoire lénifiant. Tout en renonçant aux habituelles recettes du genre: décors imposants, abondance de costumes, ballets orchestrés par un chorégraphe dans l'air du temps...
"Un été 44"  évite tous ces écueils en misant sur la sobriété, le talent des auteurs-compositeurs (Jean Fauque, Alain Chamfort, Maxime Le Forestier, Erick Benzi Claude Lemesle,  Jean-Jacques Goldman, Charles Aznavour...), des musiciens en live, la mise en scène inventive d'Anthony Souchet... Et bien sûr la troupe de comédiens-chanteurs qui incarnent six jeunes anonymes pris dans la tourmente de ces trois mois décisifs
Dès le premier tableau, on découvre Solange, Yvonne et Rose-Marie, réfugiées dans une cave. Amies de longue date, elles échangent leurs angoisses et leurs espoirs. Un début un peu lent, qui plante le décor... jusqu'à l'arrivée de Petit René (Nicolas Laurent) bravant le couvre-feu pour leur apporter des nouvelles. Incontestablement, ce garçon de 17 ans (l'âge de son rôle) est la révélation du spectacle.
Outre des projections d'images qui donnent vie au décor, des mélodies qui restent en tête, des scènes qui alternent subtilement gravité et légèreté, on suit avec intérêt l'histoire des Rochambelles, des québécois, des 2436 pianos Steinway débarqués avec les soldats, les amours contrariées de Rose-Marie et Hans, un poète et militaire allemand, les bals improvisés sur des airs de jazz...
En fil rouge, la comédienne Marison Benson apparaît sur un écran en fond de scène pour témoigner de ces heures sombres. Des interventions souvent émouvantes mais qui cassent parfois le rythme du spectacle.
Après un final  bouleversant, on sort en se promettant de revenir avec ses enfants. Parce que si "Un été 44" souligne le devoir de mémoire, il parle avant tout de liberté...

Jusqu'au 26 février 2017, du jeudi au samedi à 20 heures, mat. sam. et dim à 17 heures, au Comédia, 4, boulevard de Strasbourg, 75010 Paris.. Tél.: 01.42.38.22.22. http://www.le-comedia.fr/

7 nov. 2016

GUESTME: un abonnement pour des soirées et concerts en illimité

L'idée était en gestation depuis quelques mois déjà et l'avis de naissance est arrivé le 18 octobre dernier pour GUESTME. Un concept original qui permet de bénéficier de soirées et concerts en illimité pour un abonnement mensuel de 33 € et de 60 € pour deux. Et comme Guillaume Lalu et son cousin Julien Bornstein (fondateurs de GUESTME) ont imaginé tous les cas de figure, sachez que si votre habituel complice n'est pas dispo (ou plus dans le paysage), rien ne vous empêche de demander à votre charmant(e)voisin(e) nouvellement installé(e) sur votre palier de vous accompagner ! En revanche, si vous faites partie de ceux qui ont besoin de programmer leurs sorties plusieurs mois à l'avance, cet abonnement n'est pas pour vous puisqu'il fonctionne selon le principe du "last minute", à partir de J-3.
Pas question pour autant de faire du remplissage puisque le but est avant tout " de faciliter l'esprit de découverte et d'amener la bonne personne devant le bon artiste" confie Guillaume. A cet effet, un algorithme recommande à chaque abonné des concerts sélectionnés en fonction de leurs usages musicaux sur des sites tels que Deezer, Spotify, Soundcloud...
Pour l'instant, le coeur de cible concerne surtout les amateurs d'Indie-rock/électro de 25 à 35 ans et des accords ont été passés avec une quinzaine de moyennes et petites salles parisiennes. Des objectifs qui devraient s'étendre prochainement à la musique classique, à la chanson française et à la province. Pour le lancement, les premiers abonnés ont ainsi pu assister aux concerts de Talisco, Nouvelle Vague, Jamie Lidell, Jean Tonique, Digitalism, Breakbot, Christophe, Tim Hecker, Maribou State...
Bonne nouvelle si vous préparez votre liste de Noël: des cartes cadeaux de 3 mois, 6 mois ou un an sont désormais disponibles. Une nouvelle manière de vivre la musique... sans limite et en toute liberté.

Infos et inscriptions sur http://guestme.live/

6 nov. 2016

Tout Juliette... ou presque !

"Ceci n'est pas mon "intégrale". Il manque des noms, des sourires, des instruments de musique... Il manque encore quelques notes et quelques mots qui volètent autour de moi et que j'essaye -encore !- d'attraper ! Non décidément, ceci n'est pas mon intégrale, il manque: demain !" confie Juliette dans le livret qui accompagne ce coffret.
Une véritable boîte à "Bijoux & Babioles" dans laquelle les fidèles de la première heure retrouveront, pour la première fois en CD, la cassette (aujourd'hui introuvable) d'un enregistrement public réalisé au Théâtre des Mazades à Toulouse, en 1987.
Et, comme tout est bon chez Juliette, difficile de trancher parmi des morceaux de choix tels que "Que Tal ?", "Irrésistible", "Assassins sans couteaux","Mutatis Mutandis", "No Parano", "Nour", "Rimes Féminines"...
Sachez toutefois qu'en fouillant bien parmi ces 13 albums originaux, cette généreuse artiste a glissé, comme un cadeau, un CD supplémentaire intitulé "Inédits & Duos". L'occasion de (re)découvrir ce "Festin de Juliette"partagé avec les musiciens de l'Orchestre Lamoureux", "Trafiquants" d'Allain Leprest et Romain Didier, en duo avec Jean Guidoni, "Tant pis pour la rime", avec Dame Félicity Lott ou "Tosca Mimi" d'après "E. Lucevan Le Stelle de l'opéra "Tosca" de Puccini.
"Il n'est pas de plaisir superflu" chante Juliette. et celui-ci est ...intégral !

" Juliette", intégrale 13 albums + inédits & Duos, (Polydor/Universal). Disponible depuis le 28 octobre

4 nov. 2016

Ben l'Oncle Soul: "Avec Under My Skin, j'ai voyagé dans le temps".

Dans son précédent album "A coup de rêves", Ben l'Oncle Soul avait notamment enregistré une belle reprise de "Simply Beautiful" d'Al Green (en duo avec Keziah Jones). Cette fois, pour "Under My Skin", qui sort officiellement aujourd'hui, sur le prestigieux label Blue Note, il relève un sacré défi en s'attaquant au répertoire d'une légende: Frank Sinatra !
Avec la complicité de Matthieu Joly et Benjamin "Waxx" Heikimian, l'artiste d'origine caribéenne emmène "My Way", "Fly Me To The Monn", "The Good Life", "New York New York" ou encore "I Love Paris" sur des versants plus ensoleillés, à mi-chemin entre la soul, le reggae, le hip hop, le blues et le jazz. Onze titres qu'il interprétera, accompagné d'un solide combo de musiciens et d'un DJ, sur la scène du  Jazz Club Étoile (les 19 et 20 novembre prochains) dans le cadre du Blue Note Festival. Une tournée est également prévue au printemps, avec une escale au Bataclan, le 27 avril 2017.
Comment est né ce projet d'hommage à Sinatra ?
L'hiver dernier, j'ai réalisé que nous entrions dans le centième anniversaire de sa naissance (le 12 décembre 1915) et j'ai contacté ma maison de disques pour savoir s'il y avait quelque chose de prévu pour célébrer l'événement. J'avais lu pas mal de biographies et regardé des documentaires à son sujet. Tout le monde a l'impression de bien le connaître mais personne n'était vraiment capable de m'en parler. C'était un personnage plus complexe qu'on ne l'imagine. Plutôt que de faire des reprises de ses chansons, j'ai essayé de me les réapproprier, de les emmener du côté de la musique noire américaine.
Vous l'écoutiez lorsque vous étiez plus jeune ?
J'écoutais surtout Ray Charles. Mais tout au long de ma vie, durant l'enfance et à l'adolescence, il y avait toujours un parfum de Sinatra qui traînait autour de moi. Ma tante m'en parlait beaucoup. Je suis conscient qu'avec cet album, j'aborde un répertoire dans lequel les gens ne m'attendent pas forcément. A l'époque les arrangements étaient plutôt propres et lisses. Avec "Under My Skin", j'ai voyagé dans le temps pour aller chercher le côté plus moderne qui était derrière.
Le choix des titres a été compliqué ?
On a décidé de faire les tubes. Ceux que les gens ont envie d'écouter. Personnellement, je me suis pas mal inspiré de son concert à Las Vegas. J'ai réalisé que certaines chansons qui m'avaient touché quand j'étais ado me revenaient naturellement à l'esprit. Comme "Moonlight Serenade", une ballade qui est peut-être moins populaire mais que je trouve magnifique.
C'est vrai que vous avez failli abandonner le métier après la sortie de votre premier album "Ben l'Oncle Soul" ?
C'était le début de la musique pour moi. J'essayais de trouver le rythme, de prendre mes repères. Il y a eu une grosse tournée de 350 dates dans 13 pays en un an et demi. On nous demandait parfois de passer dans des lieux qui n'étaient pas appropriés pour faire de la musique. J'ai eu l'impression de ne plus contrôler le bateau. Je ressentais la petite peur de la mort de l'artiste.
Vous avez songé à retourner vers les arts plastiques ?
J'avais fait les Beaux-Arts avec le projet de devenir professeur d'arts plastiques mais je n'ai jamais enseigné. Le hobby de la musique a vite pris le dessus.
Vous chanterez Sinatra avec votre fameux noeud papillon ?
Je ne sais pas encore mais j'aboue que j'aimerais bien l'abandonner.
Après cet album-hommage, vous reviendrez à votre répertoire ?
Je continue d'écrire, dans l'ombre de Sinatra, sur la côte ouest des États-Unis où je vis aujourd'hui. Pas loin de mes amis musiciens du groupe Monophonics avec qui j'ai enregistré "A coup de rêves". Mon prochain album, je le ferai en effet avec mes chansons...

-"Under My Skin", disponible dès aujourd'hui, 4 novembre (label Blue Note).
Les 19 et 20 novembre 2017, à 21 h 30, au Jazz Club Étoile,
 81, bd Gouvion-Saint-Cyr, 75017 Paris.
Tél.: 01.40.68.30.42.