27 janv. 2015

Juliette a illuminé le Châtelet



(c) Barbara d'Alessandri
Elle s'était déjà amusée à transformer la salle Gaveau en garage. Cette fois, pour son concert parisien, vendredi dernier, Juliette a installé une annexe de commissariat de police sur la scène du Châtelet ! Toujours prompte à faire passer quelques messages, elle a évoqué son grand-père kabyle, devenu commissaire divisionnaire, tout en rappelant son patronyme : Noureddine. « Il signifie lumière de la religion. J’ai préféré ne garder que Nour, c’est-à-dire la lumière » confie-t-elle. « Nour » est d’ailleurs le nom donné à son dernier album dont elle reprend ici la plupart des chansons. Depuis la petite valse nostalgique d’ « Au petit Musée » au vibrant « Belle et rebelle » en passant par la redoutable « Veuve Noire » ou encore le titre-phare qui parle de ce moment où l’on aimerait éteindre soi-même la lumière lorsque la petite flamme devient trop vacillante. Entre deux anecdotes savoureuses, l’artiste qui se fiche royalement des modes et du « politiquement correct » vante les délices des « Doigts dans le nez », dénonce les violences conjugales avec la « Petite robe noire », tout en nous régalant d’une féroce « Légende » (sur un texte de Jacques Faizant), histoire de se débarrasser du rituel de la comptine enfantine, le soir au coucher des bambins. 
Avec sa ronde silhouette, ses lunettes, sa tignasse frisottée et ébouriffée de mouton qui refuse de rentrer dans le rang, Juliette s’est imposée comme l’une de nos grandes chanteuses populaires. Une filiation que l’on retrouve évidemment dans sa magnifique version du « Padam, Padam » de Piaf. Jouant toujours son rôle de commissaire, une profession qu’elle rêvait d’embrasser jusqu’à ce qu’elle apprenne qu’il fallait courir le 100 mètres en une minute… elle appelle les « renforts », à savoir l’Orchestre des Gardiens de la Paix de la Préfecture de Police qui l’accompagne sur les derniers titres.
Durant plus de deux heures, la chanteuse a littéralement illuminé le Châtelet ! 


26 janv. 2015

La délirante chevauchée des Caramels Fous

(c) Philippe Escalier
Avec des spectacles comme « La Bête au Bois dormant », « Les Aventures de l’Archevêque Perdu », « Pas de gondoles pour Denise »…ou encore « Les Dindes galantes » (nomination aux Molières en 2006), les Caramels Fous se sont imposés dans le registre de la comédie musicale parodique. Pour leur dernière production «  Il était une fois complètement à l’Ouest », la troupe se lance donc cette fois dans le western  mais enfourche le même cheval de bataille : la lutte contre toutes les formes de discriminations. Plutôt que de brandir un étendard aux couleurs de l’arc-en-ciel, ces comédiens, danseurs et chanteurs ont choisi de proposer des shows qui mettent l'accent sur la tolérance et l'autodérision. Et cette chevauchée débridée au cœur du Middle Ouest Américain est bien dans cet esprit. Dès les premières notes de musiques d’Ennio Morricone, on se retrouve plongé, en 1890, dans l’ambiance surchauffée du « Crazy Pony Saloon ». Il y a là des cow-boys en mal de distractions débarquant en trottinette sur « Des filles, de l’alcool », une chanson très librement inspirée du fameux « Il Love Rock’n’Roll »,  une Ma Dalton plus vraie que nature, un shérif manchot, un croque-mort, des danseuses qui rêvent du grand amour, un jeune barbier à la recherche de ses racines…
Le tout sur des airs d’Offenbach, de Rossini et des chansons de Brel, de Queen, des Pet Shop Boys, de Michael Jackson, de Michel Polnareff ou de Philippe Katerine, dont les textes ont été réécrits pour l’occasion. 
Sur fond de dentelles et de machisme, cette fougueuse saga (mise en scène par Alma de Villalobos et Nicolas Kern) évoque au passage les droits des femmes, les minorités ethniques, le droit à la différence. 
Bien sûr, il y a parfois des notes discordantes et l'humour n'est pas toujours léger. Mais en une pirouette, les Caramels Fous font passer autant de générosité que dans bien des discours sur l'amour et la liberté.
Annie Grandjanin

Jusqu’au 14 février, les jeudis, vendredis et samedis, à 20 h 30, au Théâtre Déjazet, 41, boulevard du Temple, 75003 Paris. Tél. : 01.48.87.52.55.  www.dejazet.com
Prolongations, pour cause de succès ! Du 21 au 31 mai au Théâtre Déjazet.
 

21 janv. 2015

Des news, des news...



Paris Musées Off. Première édition de cette manifestation gratuite (conçue avec la complicité des Siestes Electroniques) qui mêle art vidéo, graphisme, design-sonore, musique et bande dessinée. L’espace d’un week-end, des musiciens et artistes contemporains investiront huit musées de la Ville de Paris (Maison de Balzac, Musée Carnavalet, Musée de la Vie Romantique, Petit Palais, Musée Cognacq-Jay, Maison de Victor Hugo, Musée d’Art Moderne,  Musée Cernuschi)  pour métamorphoser les espaces et proposer leur vision décalée sur les collections.
  
Les 24 et 25 janvier 2015. Programmation sur le site  http://parismusees.paris.fr/fr/paris-musees-les-24-et-25-janvier.

Do Montebello. Après le succès de son concert à l’Européen en mai dernier, cette artiste vagabonde (Etats-Unis, Brésil, Caraïbes...) s’offre une nouvelle escale parisienne pour présenter les belles chansons de son album « Adamah ». 
Un plaidoyer poétique et humaniste dans lequel, entre jazz et musiques brésiliennes, son timbre mélodieux et envoûtant, nous embarque au Minas Gerais, dans "L'Allée des Calfats" ou sur les traces d'une femme déracinée, rencontrée lors de ses périples. 

Le 25 janvier 2015, à 20h30, au Sunside, 60, rue des Lombards, 75001 Paris. 
Tél. : 01.40.26.46.60. www.sunset-sunside.com



16 janv. 2015

Des news, des news...


(c) Marie-Béatrice Seillant
Les Swinging Poules. Suite au succès de leur spectacle au Grand Point Virgule (voir article du 24 décembre dernier sur ce blog), les Swinging Poules remettent leurs jupettes à pois pour une série de représentations supplémentaires à l’Alhambra. L’occasion pour ceux qui ont raté leur show de (re)découvrir quelques pépites du répertoire français, mais aussi leur version, absolument délirante, de "Fever" 
Les 17, 18, 24, 25 janvier, les  13, 14, 15, 24, 25, 26, 27, 28 février et le 1er mars, à 19 h, à l’Alhambra, 21, rue Yves Toudic, 75010 Paris. Tél. : 01.40.20.40.25. Places : 17 et 25 €. www.alhambra-paris.com

Mademoiselle K. Pour célébrer la sortie de son quatrième album « Hungry Dirty Baby », la chanteuse sera en showcase et dédicace, le 22 janvier prochain, à 18 heures, à la Fnac Saint-Lazare au Forum des Rencontres (niveau 3).
Passage du Havre, 109, rue Saint-Lazare, 75009 Paris.

La grâce subtile et délicate d'Emma Solal

(c) Laurence Guenoun
« Françoise Hardy est une artiste qui m’a toujours accompagnée dans mes états d’âmes » confie Emma Solal en préambule de son spectacle « Messages personnels ». Des messages aux accents jazzy qu’elle délivre d’un timbre suave, accompagnée par deux musiciens : Paul Abirached (guitare) et Philippe Istria (percussions). L’ensemble dégage évidemment une certaine mélancolie, mais aussi des moments joyeux et légers. Dès les premières notes, on tombe sous le charme d’Emma Solal qui revisite des titres connus et moins connus comme « Le premier bonheur du jour », "Rêver le nez en l’air », « Fais-moi une place », « Effeuille moi le cœur », « Comment te dire adieu » (texte de Gainsbourg ), « Faire à nouveau connaissance » (écrit pour Diane Tell), « J’ai coupé le téléphone » ou encore « Mon amie la rose », qu’elle interprète a cappella, tout juste soutenue par quelques percussions… 
Hormis la lecture de phrases extraites du livre de Patrick Modiano « Dans le café de la jeunesse perdue », les commentaires entre les morceaux semblent presque superflus.  
On se souvient qu’à 23 ans, Françoise Hardy chantait déjà « Ma jeunesse fout le camp » avant d’abandonner la scène un an plus tard. L’exercice était donc périlleux car ses chansons sont rarement reprises. Mais, avec « Messages personnels », Emma Solal apporte à ce répertoire une grâce subtile et délicate. Un bonheur à goûter d’urgence, le soir, dans la salle intimiste La Bohème.
Annie Grandjanin

Jusqu’au 28 février, les mercredis et samedis, à 21 h 30, au Théâtre Les Déchargeurs, salle La Bohème, 3, rue des Déchargeurs. Tél. : 01.42.36.00.50. www.lesdechargeurs.fr


15 janv. 2015

Serge Hureau, l'alchimiste de la chanson



(c) Pascal Lafay
Le 17 décembre dernier, le Hall de la Chanson proposait une soirée exceptionnelle pour fêter sa première année d’installation dans l’ancien café des bouchers de la Villette. L’occasion pour Serge Hureau, le directeur, d’enfiler sa blouse blanche pour parler de son « laboratoire ».
Un laboratoire dans lequel, avec la complicité du talentueux Olivier Hussenet et de son équipe, ce drôle d'alchimiste analyse, réarrange et ressuscite des chansons du patrimoine. Soucieux de transmettre sa passion,  il enseigne également au Conservatoire National d'Art Dramatique, organise des conférences chantées, des stages, des concerts, des animations... 
Le Hall de la Chanson est un lieu unique en France, non ?
C’est vrai. Nous sommes des fondateurs. Il y a des opéras, des musées, la Comédie Française…mais il n’y avait pas encore de lieu pour la chanson.
Comment l’expliquez-vous ?
Comme c’est un objet populaire, étroitement lié au quotidien, on ne le considère pas comme quelque chose de rare, qu’il faut protéger. On a parfois noyé des trésors dans l’oubli. La chanson n’est pas considérée comme un objet de valeur de la part de ceux qui ont la charge de la culture et de l’éducation. Pour l’instant, les moyens que nous avons ne sont pas décents.
Contrairement à ce que l’on demande aujourd’hui aux jeunes artistes, vous défendez le statut d’interprète ?
Tout-à-fait car cela demande beaucoup d’humilité. Les interprètes représentent un peu le public d’une époque. Le grand malheur de la chanson, c’est qu’elle est souvent utilisée comme un outil commercial. Les médias fabriquent du culte, de la renommée. Nous, nous essayons de faire de la culture. Grâce à une chanson, on peut parler des rapports entre les hommes et les femmes, de la sexualité, de l’oppression, de l’inégalité…C’est un matériau d’éducation. On y apprend notamment comment les hommes s’adressaient aux femmes au XIIIème siècle. Nous avons d’ailleurs baptisé notre récent spectacle autour du répertoire de Nougaro « Sous ton balcon », pour rappeler qu’autrefois, les garçons chantaient en bas des fenêtres des filles.
Justement, Nougaro fait partie des artistes dont on ne revendique pas forcément l’héritage ?
C’est peut-être mieux pour lui. Cela redonne une certaine virginité à son répertoire. Certains de nos élèves ne le connaissaient pas et ils nous ont offert leur version, leur interprétation. Il ne suffit pas de se fier à la partition, il faut imaginer le résultat sur scène.
D’où votre attachement à l'idée de « laboratoire » ?
Nous nous  livrons à des expériences qui doivent donner des résultats très vite pour en faire la démonstration en public. C’est aussi notre cuisine : on cherche, on élabore, on sort le plat et on le partage avec le public !
Quel est donc le menu des prochaines semaines ?
Nous préparons « Le dernier des idiots ». Une création (le 21 février) dans l’esprit des cafés-concerts où chaque rôle est distribué en fonction des emplois : il y a le gommeux, la gommeuse, le chanteur et la chanteuse à voix ou encore l’idiot qui venait souvent de la campagne et que l’on confondait parfois avec le comique troupier. Nous reprendrons aussi  « Parade fauve » (le 30 janvier), « Fleur au fusil » (les 6, 7 et 8 mars), « On chantait quand même »( la chanson sous l'occupation). Et le 28 mars « Ma vie à l’envers » sur Réda Caire qui fut notamment le prof d’Yves Montand et dont la carrière a été occultée par celle de Tino Rossi. Ses chansons sont d’une beauté folle…
Nous avons également « Du Coq à l’âne », un spectacle de chansons pour les enfants. Mais, avec les récentes mesures de sécurité, ils ne pourront sans doute pas venir à la Villette. Nous prévoyons donc d’aller le jouer dans les écoles…

Propos recueillis par Annie Grandjanin

Hall de la Chanson, Centre National du Patrimoine de la Chanson, des Variétés et des Musiques Actuelles. Parc de la Villette, Pavillon du Charolais, 211 av. Jean-Jaurès, 75019 Paris. Infos et réservations : 01.53.72.43.01. www.lehall.com

11 janv. 2015

Rendez-vous...


Festival Sons d’Hiver. Avec 32 concerts et des Tambours-Conférences, cette manifestation qui célèbre sa 24 ème édition poursuit sa démarche aussi originale que créative. A l’affiche, cette année : le trompettiste Ambrose Akinmusire, Matthew Shipp Trio dans un répertoire consacré à Duke Ellington, le bluesman Ladell McLin en trio, Brian Jackson, Rodolphe Burger & James « Blood » Ulmer…
Du 23 janvier au 15 février 2015, dans divers lieux du Val-de-Marne. Billetterie et renseignements au 01.46.87.31.31. Loc. Fnac.com. www.sonsdhiver.org

Les Dunes Electroniques. Placé sous le parrainage de Jack Lang ce festival a rassemblé plus de 7000 spectateurs lors de sa création l’an dernier. Idéalement situé à Nefta, ville oasis au sud-ouest de la Tunisie, qui servit notamment de décor pour le tournage de « Star Wars », il propose un programme réunissant des acteurs de la scène électronique tunisienne, française et internationale mais aussi de la danse contemporaine, de la dance music, des performances artistiques, des expositions photos… ou encore la projection de fictions et documentaires dans un cinéma éphémère à ciel ouvert.

Du 20 au 22 février, à Nefta en Tunisie. Renseignements et réservations (plusieurs packs proposés) sur www.dunes-electroniques.com

Les Nuits de l’Alligator. Très prisées par les amateurs de rock, de folk, de soul, de blues…  ces nuits, présentées à Paris et en province, permettront d’applaudir des artistes tels que Black Strobe, Sarah McCoy, Two Gallants, Heavy Tash… sans oublier Hayssed Dixie, groupe très populaire dans les vallées des Appalaches, programmé pour la première fois aux Nuits de l’Alligator ou encore Jolie Holland, l’une des grandes voix de l’americana alternative.

Les 25, 27 février et les 2 et 5 mars à la Maroquinerie, à Paris. Et du 18 au 28 février en région ( Strasbourg, Macon, Caen, Nancy, Clermont Ferrand, Rouen). Tél. : 01.40.33.35.05. Réserv. Sur Digitick/Fnac/Tickenet. Rens. Sur www.nuitsdelalligator.com


9 janv. 2015

Asaf Avidan en direct ce soir sur France Inter



Trois jours avant sa sortie officielle, le 12 janvier prochain, Asaf Avidan interprète les chansons de son nouvel album « Gold Shadow » (Polydor),  en live, ce soir à 21 heures, au Studio 104 de la Maison de la Radio, inauguré en novembre dernier.
Un concert exceptionnel diffusé en direct sur France Inter.
Le chanteur se produira ensuite le 18 mars 2015 au Zénith de Paris et en tournée dans toute la France.