27 nov. 2014

"Only French Festival" : 21ème édition


Coup d’envoi ce soir de la nouvelle édition de cette coproduction franco-suisse entre les associations Only French et Catalyse.  L'objectif ? Soutenir les artistes émergents tout en mettant l'accent sur la richesse de la francophonie. 
A découvrir dans trois lieux de la capitale (la Boule Noire, le Pan Piper et la Scène du Canal) : le groupe Berty, les Dalton Télégramme et leur concept-western, Fredy Massamba, l’un des fondateurs des « Tambours de Brazza », le chanteur et guitariste Alif Naaba, un spectacle pour les jeunes (et leurs parents !) intitulé « Elève Lapointe au piquet »…. Ou encore Des Fourmis dans les Mains, un trio qui a reçu, le 20 novembre dernier, le Grand Prix Révélation Scène de l’Académie Charles Cros.
La preuve que les programmateurs d' Only French ont du flair pour dénicher les jeunes talents !

Les 27  et 28 novembre, à 20h30, à la Boule Noire, 118, bd de Rochechouart, 75018 Paris, le 29 novembre, à 20h30, au Pan Piper, 2-4, Impasse Lamier, 75011 Paris et le 30 novembre, à 15 h, à la Scène Canal, 118, Quai de Jemmapes, 75010 Paris. Loc. Moxity - Fnac.  Renseignements sur www.onlyfrench.fr

26 nov. 2014

Mélanie Dahan: « Keys »

Revisiter des standards est toujours un exercice périlleux. Rares sont les artistes qui parviennent à imposer leur « patte » ! Pour un Jeff Buckley dont la superbe reprise d’« Halleluja »  nous a presque fait oublier la version originale de Leonard Cohen, on ne compte plus les pâles copies… 
Avec ce nouvel opus, Mélanie Dahan s’est attaquée à de sacrés morceaux ! De « Everytime we say goodbye » de Cole Porter à « What’s new » de Bob Haggard en passant par « Never said » d’Herbie Hancock et Stevie Wonder  ou encore « Whisper not » de Benny Golson, la vocaliste française n’a manifestement pas joué la facilité. Mais le résultat est à la hauteur: technique vocale irréprochable, arrangements ciselés et une approche résolument contemporaine et inventive.
Pour faire bonne mesure, la demoiselle a eu la bonne idée de faire appel à cinq pointures du piano : Baptiste Trotignon, Pierre de Bethmann, Manuel Rocheman, Franck Amsallem et Thomas Enhco, à charge pour chacun d’entre eux de proposer deux relectures inédites de ces succès du répertoire américain. Le batteur cubain Lukmil Perez et le contrebassiste Thomas Bramerie complètent harmonieusement l’ensemble.
Annie Grandjanin
  
Les 27 et 28 novembre, à 21 heures, au Sunset, 60 rue des Lombards, 75001 Paris. Tél. : 01.40.26.46.60. Prix : 25 €. http://www.sunset-sunside.com/concert/2014/11/
Et les 23 et 24 janvier 2015, au Duc des Lombards, 42, rue des Lombards. Tél. : 01.42.33.22.88. 
Album « Keys » (L’Autre Distribution).




Des news, des news...

- Prix Ricard S.A. Live Music 2015. L’an dernier le concours avait battu des records avec 1152 artistes  inscrits ! Pour cette nouvelle édition, vous avez jusqu’au 16 décembre pour tenter de gagner l’équivalent de 60 000 € d’investissement. A savoir: l’enregistrement et la distribution de votre premier EP (à paraître en 2015), la participation aux tournées Ricard S.A Live Sessions et à de grands festivals, la prise en charge d’un attaché de presse, une formation (résidence encadrée par l’équipe du Chantier des Francos, coaching au Studio des Variétés, cours à l’IRMA), le financement d'un clip vidéo, le soutien matériel de Yamaha à hauteur de 2000 € pour votre équipement…
Informations supplémentaires et inscription sur www.ricardsa-livemusique.com

3ème Téléthon Jazz. Le 13 décembre prochain, rendez-vous au cœur du Quartier Latin pour participer à cette  grande fête du swing et de la solidarité. 
Coup d’envoi, dès 20 heures, avec un bal animé par l’Esprit Jazz Big Band qui invite cette année le saxophoniste Stéphane Guillaume. La fête se poursuivra, à partir de 22h30,  en compagnie de DJ Psycut (créateur du collectif Jazz Attitudes). Vous pourrez même vous faire photographier grâce à un photocall installé sur place. Ces instantanés seront compilés dans un album créé sur la page facebook de l’Esprit Jazz. Sachez que pour chaque « like », la BNP Paribas, partenaire de l’événement, reversera  1 € à l’AFM Téléthon, en plus de des recettes de la soirée. 

Mairie du Vème arrondissement, 21 Place du Panthéon. 
Entrée : 8 € en prévente et 10 € le soir même. 
Réservations sur www.telethondujazz.com


25 nov. 2014

« Neige Noire » : un joyeux et émouvant hommage à Lady Day


(c) Loic Seron
« Ce projet est né d’une fascination pour la figure et le destin de la chanteuse Billie Holiday », explique Christine Pouquet qui a écrit et mis en scène « Neige Noire ».  Dans un décor de valises amoncelées qui s’ouvrent tantôt sur une lampe, tantôt sur un gramophone…apparaît une petite fille sur un quai de gare. Elle porte autour du cou un écriteau sur lequel on peut lire sa destination : New York ! Elle s’appelle encore Eleonora Fagan et part à la recherche de son père, Clarence Holiday, un musicien qui l’a abandonnée. Les scènes et anecdotes s’enchaînent alors, entrecoupées de chansons de Billie Holiday. Dans le rôle de cette dernière : Samantha Lavital, confondante de naturel et dotée d’un bien joli timbre. A ses côtés, Philippe Gouin (en alternance avec Rémi Cotta) endosse les costumes des hommes qui ont traversé la vie de la chanteuse. Ses facéties et sa gestuelle donnent une dimension  parfois burlesque au spectacle. Car, même si l’on connaît le destin tourmenté de celle que Lester Young surnommait Lady Day, la fantaisie prend ici le pas sur la gravité, l’humour se mêle au drame. Hormis la petite robe blanche tachée de sang, suspendue à une valise, rappelant le viol de la petite Eleonora alors qu’elle avait tout juste 11 ans, la mise en scène et le jeu des acteurs-chanteurs évitent le piège du pathos et des clichés.
Bien sûr, évoquer la vie de cette immense artiste en un peu plus d’une heure est un sacré pari. Mais l’essentiel est là. Et on s’incline lorsque Samantha Lavital, vêtue d’une longue robe rouge,  revient pour nous interpréter le bouleversant « Strange Fruit ».
Annie Grandjanin

Jusqu’au 14 décembre, du mardi au samedi à 20h30, mat. dim. à 16h30, au Théâtre de la Tempête, salle Copi, Cartoucherie, Route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Tél. : 01.43.28.36.36. Places : 20 € et tarifs réduits à 12 et 15 €. www.la-tempete.fr


Grands Prix Sacem 2014

Quelques sifflets ont fusé hier soir à l’Olympia à l’annonce de l’absence de Johnny Hallyday qui devait recevoir le « Prix spécial de la Sacem ». Martin Solveig, en revanche, distingué dans la catégorie « Grand Prix des musiques électroniques » avait enregistré un message pour expliquer qu’il était depuis quelques heures et pour la première fois, papa d’une petite fille. Quant au virtuose de la trompette Ibrahim Maalouf (« Grand Prix du jazz »), il était excusé pour cause de concert à Sceaux.
Les autres lauréats étaient tous présents : Pascal Obispo (« Grand Prix de la Chanson française »), manifestement touché de recevoir sa première distinction officielle en 22  ans de carrière ! Ayo (« Grand Prix du répertoire Sacem à l’export »), Oscar Bianchi (« Grand Prix de la musique symphonique, jeune compositeur »), Jean-Pierre Bucolo (« Grand Prix de la chanson française, créateur), Bernard Cavanna (« Grand Prix de la musique symphonique, carrière), Féloche (« Prix Francis Lemarque »), François Hanss (« Grand Prix de l’auteur-réalisateur de l’audiovisuel »), Lilly Wood & The Prick,  Prix Rolf Marbot de la chanson de l’année pour « Prayer in C », Stéphane Moucha (« Grand Prix de la musique pour l’image »), Elie Semoun (« Grand Prix de l’humour »), Rokia Traoré (« Grand Prix des musiques du monde ») et enfin Bruno Lion, Peermusic (« Grand Prix de l’édition musicale »). Ce dernier a d’ailleurs précisé que « le droit d’auteur est ce qui donne un peu de sens à la liberté d’expression ». 
Un droit que la Sacem, qui compte 4000 nouveaux membres chaque année, défend depuis 1851 ! Au cours de cette remise de prix, toujours un peu longue, il n’était pourtant pas inutile de rappeler que « la mise à plat » du droit d’auteur faisait partie des dix priorités de Jean-Claude Juncker, directeur de la Commission Européenne.De quoi inquiéter évidemment tous les acteurs et créateurs du monde de la musique...  



24 nov. 2014

Lady Raymonde : entre Paname et Broadway

(c) Philippe Matsas

« Madame Raymonde est un personnage de Godard aussi bien que de Clouzot. De la Vieille école et de la Nouvelle Vague ! » confie Juliette qui signe la mise en scène de ce nouveau spectacle baptisé « Lady Raymonde ». Une Lady des faubourgs qui, depuis plus de 25 ans, chante les sans-grades et les paumés avec une gouaille toute parigote. Engoncé dans une robe désuète, arborant collier de perles et talons hauts, Denis d’Arcangelo incarne cette interprète pittoresque qui a permis de ressusciter un répertoire quelque peu oublié, celui de Georgius, de Berthe Sylva ou de Monique Morelli. On regrette d’ailleurs que l’artiste ne cite pas ici les auteurs et compositeurs. Car, si «  Les bleus » de Gainsbourg, « Good Night Ladies » de Lou Reed, « Le temps de finir la bouteille » d’Allain Leprest et Romain Didier ou encore « Speak Softly Love » (extrait du film « The Godfather ») de Nino Rota… éveillent évidemment quelques souvenirs, d’autres titres sont moins évidents. Comme cette épique « Histoire de Ben-Hur » (Louis Poterat/Paul Sterman/Berthe Sylva) qui constitue l’un des moments forts et drôles du spectacle. 
Accompagnée de son fidèle accordéoniste Zèbre (Sébastien Mesnil), elle abandonne parfois son cher Paname, le temps de s’aventurer du côté de Broadway et de ses fameux musicals.
Un tour de chant savoureux, certes, mais dans lequel on ne retrouve pas toujours la verve et la fantaisie qui nous font tant aimer Madame Raymonde...
Annie Grandjanin


Jusqu’au 14 décembre, du mercredi au samedi à 21h30, mat. dim. à 17h30, au Vingtième Théâtre, 7, rue des Plâtrières, 75020 Paris. Tél. : 01.48.65.97.90. Places : 25 €. www.vingtiemetheatre.com

23 nov. 2014

Les Chiche Capon : un quatuor totalement barré


(c) Esther Marek
Avec « La 432 », ces drôles de mousquetaires continuent à pourfendre les idées reçues et les codes en matière de spectacle. Artistes de cabaret ? Clowns ? Comédiens ? Musiciens ? Ils sont tout cela à la fois et plus encore…
Leur show s’appuie à la fois sur une histoire très personnelle de la musique et une théorie forcément fumeuse du fameux Big Band. L’occasion pour Fred, Patrick, Matthieu et Ricardo (chant, guitare et beatbox) d’exploser littéralement sur scène. S’exprimant avec les intonations de personnages de dessins animés,  vêtus (ou pas !) de costumes loufoques (crocodile, cow-girl, chanteur ringard, danseuse orientale…),  alternant numéros « ratés » et vraies performances, jouant du synthé sur une planche à repasser ou s’agitant sur un reggae gentiment halluciné, les Chiche Capon n'hésitent pas à escalader les rangs des spectateurs, histoire d’étendre les limites de leur terrain de jeu. On l’aura compris, ces artistes survoltés et dotés d’un sacré grain de folie, pratiquent comme ils disent l’expression libre ! Ils s’égarent parfois dans un humour un peu trop potache, mais on leur pardonne volontiers car leur spectacle est, à l’évidence, l’un des plus originaux et déjantés, à voir actuellement à Paris.
Annie Grandjanin

Jusqu’au 3 décembre, les lundis, mardis et mercredis à 21 h 30, à l’Européen, 5, rue Biot, 75017 Paris. Tél. : 01.43.87.97.13. Places : 28 € et tarifs réduits à 22 €. www.leuropeen.info


Exposition « David Bowie is » : réservation en ligne

(c) Duffy Archive & The David Bowie Archive

Vous l’avez ratée à Londres ? Pas de soucis puisque dès demain lundi 24 novembre, à 11 heures, il vous suffit d’aller sur http://davidbowieis.philharmoniedeparis.fr/
pour réserver vos places ! Les fans et les curieux risquent en effet de se bousculer pour assister à cette formidable rétrospective réunissant pas moins de 300 documents.
Au fil de cette plongée dans l’univers d’un artiste qui a anticipé tous les courants musicaux (glam rock, disco, funk, électro…), vous découvrirez ainsi des archives visuelles et sonores inédites, des photographies originales, des manuscrits, des dessins, des instruments, des maquettes de scène, des costumes… fournis principalement par David Bowie himself !
Un événement qui s’inscrit dans le cadre de l’ouverture de la Philharmonie de Paris qui accueille cette exposition conçue par le Victoria & Albert Museum, présentée ici dans une version légèrement remaniée.

Du 3 mars au 31 mai 2015, à la Philharmonie de Paris, 221, av. Jean-Jaurès, 75019 Paris. Du mar. au jeu. de 12 h à 20 h, ven. et sam. de 10 h à 22 h, le dim. de 10 h à 20 h. Tarifs : 12 € (avec accès à la collection permanente du Musée de la Musique et à l’exposition Pierre Boulez, du 17 mars au 28 juin) et tarif réduit à 6 € (- de 26 ans, demandeurs d’emploi…), gratuit pour les personnes handicapées et leurs accompagnateurs et les enfants de – 6 ans.


19 nov. 2014

Rendez-vous...

 

- 1er marathon de la chanson. Jean Guidoni, Anne Sylvestre Yvan Dautin, Xavier Lacouture, le Cirque des Mirages, Bernard Joyet, Gérard Morel, Véronique Pestel, Gilbert Laffaille… seront sur la ligne de départ de cette première édition qui propose pas moins de 9 heures de spectacle avec 42 artistes et plus de 80 chansons. On pourra évidemment grignoter et boire sur place !
Le dimanche 23 novembre, de 12 h à 21 h, à l’Alhambra, 21, rue Yves Toudic, 75010 Paris. Tél. : 01.40.20.40.25. Tarif unique à 20 €. www.alhambra-paris.com
(c) AIAS-Dinant

- Adolphe Sax. A l’occasion du bicentenaire de la naissance du fameux créateur qui a notamment inventé le saxophone (fruit d’un savant mariage entre l’ophicléide et la clarinette basse) une plaque commémorant la Manufacture d’Instruments de Musiques d’Adolphe Sax, sera apposée, le 21 novembre, à 11 heures, au 50 rue Saint-Georges, 75009 Paris.
A cette occasion, Henri Selmer annoncera le lancement d’un saxophone alto (en édition limitée) célébrant l’histoire commune entre Selmer et Sax


Ibrahim Maalouf
(c) Denis Rouvre
Musicora 2015.  C’est le trompettiste, pianiste, compositeur, arrangeur… Ibrahim Maalouf qui a accepté d’être le parrain de cette 26e édition qui, durant trois jours, rassemblera professionnels, mélomanes, musiciens amateurs et professionnels de jazz et de musique classique. Au programme : des showcases, des conférences, des ateliers, une vente aux enchères d’instruments… 
Les 6, 7 et 8 février 2015 sur le site du Parc de la Villette (Grande Halle, Théâtre de la Villette et Hall de la Chanson) , 211, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. www.musicora.com

18 nov. 2014

Rencontre-dédicace avec Alain Souchon et Laurent Voulzy


Leur premier succès à quatre mains remonte à 1974 pour « J’ai dix ans »… On pourrait presque dire qu’on attendait leur album de duos depuis quarante ans ! Plus sérieusement la rumeur persistante, ces dernières années, nous laissait bon espoir. Notre patience est enfin récompensée puisque « Alain Souchon & Laurent Voulzy » sera officiellement disponible le 24 novembre prochain et une tournée française devrait débuter en avril 2015.
Pour célébrer la sortie de cet opus (écrit entre Blois, les bords de Marne, le Midi et l’Angleterre), les deux complices donnent rendez-vous à leurs fans le 27 novembre, à 17h30, à la Fnac Montparnasse pour une rencontre-dédicace. Un événement gratuit et ouvert au public, dans la limite des places disponibles.

Fnac Montparnasse
Forum des rencontres (niveau -1)
136, rue de Rennes, 75006 Paris




  

Lokua Kanza : « Je n'oublierai jamais Jean-Louis Foulquier »


Les années qui passent semblent n’avoir aucune prise sur lui. Et la notoriété n’a pas non plus abîmé sa belle simplicité. « Je n’ai jamais fait partie du star-system » confie Lokua Kanza qui fête cette année ses vingt ans de carrière. Et lorsqu’on l’interroge sur sa trop rare production (son dernier opus « Nkolo » est sorti en 2010),  il répond en riant : « Enregistrer un album demande beaucoup de maturité. Il faut du temps... »
On se souvient de ses débuts, lorsqu’il chantait en s’accompagnant à la guitare dans les rues de la Rochelle, tandis que ses aînés se produisaient au Festival des  Francofolies. Impossible de ne pas s’arrêter pour découvrir ce jeune zaïrois au timbre cristallin.
Quelques années plus tard, Jean-Louis Foulquier choisira de le mettre en vedette lors d’une soirée baptisée « La fête à Lokua ». « Je n’oublierai jamais cet homme.  A l’époque, il a dit : je veux mettre ce garçon sur la grande scène. Il m’a offert le plus beau des cadeaux. ». Même émotion, lorsque le chanteur a assuré la première partie de Jean-Louis Aubert au Zénith. Même si là, le cadeau semblait un peu… empoisonné ! « Quand tu commences à jouer et que tout le monde se met à crier « casse-toi ! », c’est plutôt dur, mais j'ai continué". Au bout d’une ou deux chansons, le public tombe sous le charme et la tournée se poursuivra avec succès.
Le succès, l'ancien musicien de la diva Abeti l'a rencontré dès la sortie de son premier disque éponyme en 1993. On dit volontiers que sa vocation est née en écoutant Miriam Makeba. Mais on oublie parfois qu’il  a eu le bonheur de donner la réplique à la star sud-africaine dans l’album « Homeland » et qu'il lui a écrit trois chansons. Et il demeure à ce jour l’un des rares artistes africains (sinon le seul) a avoir composé pour Nana Mouskouri (« Chemin de la joie »). Il a également coiffé la casquette de producteur pour Sara Tavares (« Mi Ma Bo ») et Pedro Guerra (« Tan Cerca de Mi »), sorti un bel album collégial "Toto, Bona, Lokua" (avec Gérald Toto et Richard Bona), chanté en français dans "Plus vivant" concocté avec la complicité d'auteurs comme Camille, Belle du Berry ou Marie Nimier, a reçu deux prix pour des musiques originales de films...
Chanteur, musicien, arrangeur, compositeur, producteur… Lokua possède bien des talents. « Je ne sais pas tout faire ! Mais certaines choses sont venues naturellement, parfois malgré moi. Quand tu es un jeune artiste et qu’on te demande combien tu as vendu de disques avant d’accepter de travailler avec toi…tu es bien obligé de t’y coller tout seul  et d’assumer». Assumer, il a appris à le faire dès son plus jeune âge « J’étais l’aîné de la famille et je suis devenu assez vite le « papa » de mes frères ». Un sens des responsabilités et de l'engagement qui l’ont conduit naturellement à défendre la cause des femmes violées en Afrique. Il a récemment signé la musique d’un reportage qui dénonce ce fléau. « Je suis allé dans un hôpital où l’on soigne les blessures physiques et psychologiques subies par ces femmes. J’ai parfois honte d’être humain » confie-t-il.
Citoyen du monde, il revient de Rio où il a vécu plus de deux ans. « A chaque fois que l’on se frotte à une autre culture, il en ressort quelque chose. J’ai travaillé là-bas avec de nombreux artistes réputés. Leur musique et leur simplicité m'ont touché. On se retrouvait souvent entre nous, juste pour le plaisir de jouer ensemble. Au Brésil, j’ai retrouvé l’Afrique mais avec davantage d’harmonies ». Il songe d'ailleurs à franchir l’Atlantique pour s'immerger dans la culture américaine. Mais c'est une autre histoire...
Pour l'instant, Lokua Kanza a repris le chemin des studios pour l’enregistrement d’un album qui devrait marquer ses vingt ans de carrière (sortie prévue en 2015). Il a déjà réuni autour de lui Ray Lema, Manu Dibango, Richard Bona, Wasis Diop, le batteur et percussionniste de jazz Paco Sery…  « De grands artistes que j’adore. Cela devrait bouger ! J’y mets beaucoup de mon cœur et de mon âme.» Comme dans tout ce qu'il a produit depuis ses débuts…
Annie Grandjanin

15 nov. 2014

"Steam" : une vision décalée et rock’n roll du cirque d’aujourd’hui

(c) Paolo SC Campanella
Dès l’entrée on est transporté dans une atmosphère décadente tendance postindustrielle, ponctuée de rythmiques électro-punk-rock, de vidéos saturées et de nuages de vapeur diffusés par de gros ventilateurs. Côté décor, des sièges un peu déglingués, des échafaudages et un immense cube constitué de tubes en métal. Une jeune femme alanguie, portant perruque,  agite une lanterne pour guider les spectateurs.
Sur la piste, les numéros s’enchaînent, accompagnés par un homme-orchestre survolté (guitare, batterie, bruitages, contrebasse, batterie…). S’appuyant sur quelques fondamentaux  comme le trapèze ou le jonglage, la troupe les métamorphose en une série de tableaux originaux. De l’ascension du mât chinois, aux figures acrobatiques sur les barres du cube en passant par le hula-hoop en suspension au bout d’un filin, on est séduit par l’approche résolument moderne et décalée des habituelles performances circassiennes. Entre deux numéros, l’homme-orchestre, sorte de Monsieur Loyal gentiment halluciné, lit des extraits de poèmes d’Alain Bosquet, tels que : « Je ne suis qu’un grand cirque en faillite. Mes fauves refusent de sauter dans le cercle de feu. Mes dompteurs sont en grève et mes clowns fatigués…Il restera, j’espère, pour le repas du tigre et celui des crotales, quelques enfants dodus et comme émerveillés… ». 
(c) Hervé Photograff
Que l’on se rassure, pas d’animaux sauvages ou venimeux ici. Seule la musique est parfois agressive et, avec déjà plus de 12 000 spectateurs à ce jour, le spectacle est loin de frôler la faillite !  Quant aux enfants (à partir de 8 ans), ils risquent juste d’être impressionnés par la virtuosité de ces sept circassiens qui évoluent devant eux sans filet. Si vous ne connaissez pas encore le Cirque Electrique, on vous invite à aller découvrir ce lieu lieu atypique...à toute vapeur !
Annie Grandjanin

Jusqu’au 30 novembre, du mercredi au samedi à 21 h et le dimanche à 17h, au Cirque Electrique, Place du Maquis du Vercors, 75020 Paris. Réserv. Par tél. au 09.54.54.47.24 et par mail : contact@cirque-electrique.com
Places 16 € et tarifs réduits à 10 et 12 €. www.cirque-electrique.com
Un CD des musiques est vendu 10 € à la fin du spectacle (avant la sortie du vinyle prévue fin novembre)

12 nov. 2014

Le pessimisme heureux de Fabien Martin


C’est un peu le retour de Martin… puisque le chanteur a attendu pas loin de sept ans après l’album « Comme un seul homme » pour sortir, en mai dernier un EP baptisé « Littoral ». Comme par le passé, il évoque le temps qui passe, le spleen d’un homme pas toujours à l’aise dans ses baskets et dans son époque, avec une poésie et un humour au second degré que l’on avait pu apprécier dans son premier opus « Ever Everest ».
Symboliquement emmenées  par le bien-nommé « Le phare », des chansons comme « La croisière s’emmerde », « J’aime pas »  « La touche étoile » ou « Ciel de traine » balisent un univers intemporel dont  Fabien Martin dessine les creux et les reliefs avec une nonchalante mélancolie, teintée d’élans joyeux . « De la variété mal rasée » comme il la définit lui-même, qui lorgne du côté de la pop anglo-saxonne et dont il a signé paroles et musiques. Parmi les musiciens figurant sur l’EP, on découvre le copain Mathieu Boogaerts à la batterie. Et c’est un autre copain qui a eu la bonne idée de lui ouvrir son appartement pour une série de concerts privés et intimistes « In the Loft », présentés cet été. Il investit demain une « vraie » scène pour un tour de chant qui mêlera anciens et nouveaux titres et peut être, en primeur, un ou deux morceaux de son nouvel album annoncé pour début 2015.
Annie Grandjanin
 
Le 13 novembre, à 20 heures, aux Trois Baudets, 64, bd de Clichy, 75018 Paris. Tél. : 01.42.62.33.33. www.lestroisbaudets.com

10 nov. 2014

Ute Lemper chante Pablo Neruda


(c) Wolfgang Stahr
Le public français avait découvert cette belle artiste dans le « Cabaret » mis en scène par Jérôme Savary où elle incarnait Sally Bowles. Depuis, elle a chanté le cabaret berlinois des années 20 et 30, Piazzolla, le répertoire français (Brel, Piaf…), joué au cinéma pour Peter Greenaway (« Prospero’s Book ») ou Robert Altman (« Prêt-à-porter »), prêté sa longue silhouette au personnage de Lola dans « L’Ange Bleu » ou à celui de Velma Kelly dans « Chicago »… Et Maurice Béjart a même créé pour elle le ballet « La mort subite ».  
Cette fois, elle rend hommage à Pablo Neruda avec des poèmes d’amour écrits en exil par le militant contre la dictature chilienne. Des textes qu'elle a mis en musique avec la complicité de Marcelo Nisinman. Sa voix profonde et sensuelle exprime à la fois la douleur de l'absence et l'espoir dans des titres comme « If you Forget Me », «Madrigal Escrito en Invierno », « Oda con un Lamento » « La nuit dans l’île » …. Elle est accompagnée sur scène par six musiciens (bandonéon, piano, violon, guitare, basse et percussions).  « J’ai choisi ces poésies pour célébrer l’amour, la passion et la vie » confiait-elle il y a quelques jours lors de la présentation de « Ute Lemper sings The Love Poems of Pablo Neruda ». Un spectacle qui tourne depuis déjà deux ans un peu partout dans le monde et que l'on peut enfin applaudir à Paris.
Annie Grandjanin

Le 15 décembre, à 20h30, salle Gaveau, 45-47 rue La Boétie, 75008 Paris. Tél. : 01.49.53.05.07. Places : de 22 à 65 € (carré or).  www.sallegaveau.com

Album « Forever – The Love Poems of Pablo Neruda » (Chamaleon Productions – Edel Germany Gmbh)

8 nov. 2014

« Qui chante ce soir ? », par Jean-Claude Barens

 
Auteur de ces fragments biographiques (presque) imaginaires, Jean-Claude Barens qui fut notamment le directeur du FestiVal-de-Marne, de 1993 à 2012 nous propose un ouvrage aussi passionnant qu’insolite.
Plutôt que de brosser des portraits traditionnels (souvent redondants), il livre  ici des petits instantanés de vie, laissant au lecteur le choix de démêler la fiction de la réalité.
Vingt profils suivis de photographies (réalisées par Francis Vernhet), le tout présenté dans un joyeux désordre. Le but ? Associer le texte et l’image. Au hasard des pages, on découvre ainsi la diva de Savoie, une Madelon dévergondée dont le papa tenait le pupitre des saxophones ou des clarinettes à l'Orchestre du Capitole, une diplômée d’urbanisme bercée par les musiques orientales et passionnée de country américaine des années 40, un petit auroch chez les Amerloques, Féfé ou encore un frenchy rencontré sur les bancs du Berklee College of  Music …
Catherine Ringer
(c) Francis Vernhet
Bon prince, l’auteur parsème ses énigmes d’indices qui devraient permettre au lecteur de ne pas se précipiter page 139 où se trouvent les solutions. Alternant le je et la position de l’observateur, Jean-Claude Barens séduit et intrigue avec ce procédé original et une écriture dont la savoureuse poésie fleure bon sa Gascogne natale.
Allain Leprest
(c) Francis Vernhet
« Les mots ont un pouvoir magique et la politesse élémentaire de la musique, c’est de donner de l’énergie » confie l’un des personnages dans « Qui chante ce soir ? ». 
Et il y a assurément de la magie, de la musique et de l’énergie dans ce livre. De la tendresse aussi pour ces artistes qui ont croisé la route de cet amoureux de la chanson. On soupçonne qu'après avoir créé et présidé une bonne douzaine de festivals (Chantons sous les pins, La Parade des cinq sens, les Océaniques, les Tempos du monde...) il a d’autres souvenirs dans sa besace…alors on attend la suite avec impatience !
Annie Grandjanin

Editions/Productions jcbarens 2014, 20 €



5 nov. 2014

Les Ogres de Barback: un anniversaire en fanfare !

(c) Pierre Wetzel
Qu’il est loin le temps où la fratrie (deux sœurs et deux frères) donnait son premier concert dans un squatt de Ris-Orangis ! Il y a quelques jours, les Ogres (comme on les surnomme aujourd'hui) fêtaient leurs vingt ans de carrière à l’Olympia. Un anniversaire célébré en fanfare…avec la formation béninoise Eyo’Nle.
Mathilde, Alice, Fred et Max ont entamé les festivités, installés au balcon, avant de rejoindre la scène et leurs invités. Et ils furent nombreux : des « anciens » comme Francesca Solleville, Anne Sylvestre, Winston McAnuff & Fixi, à la Rue Kétanou interprétant le « S.D.F. » d’Allain Leprest en passant par les enfants de la Chorale des Ogrillons...Des témoins de l’incroyable parcours du quatuor. Un parcours qui s’appuie à la fois sur l’héritage des aînés, l’influence des musiques du monde auxquelles le groupe s’est frotté au cours de ses tournées et une culture venue de la scène alternative. Dire que les Ogres sont atypiques et inclassables reviendrait à enfoncer une porte ouverte ! Depuis leurs débuts et leur premier album auto-produit « Rue du temps », ces artistes n’ont jamais choisi la facilité en évoluant en dehors des modes et des diktats commerciaux. Pour preuve, le titre-phare de leur dernier opus « Vous m’emmerdez » qu’ils reprennent en chœur avec les spectateurs.
Quant aux textes, plus proches des préoccupations sociales et politiques de tout un chacun que de la franche gaudriole, ils maîtrisent l’art de les enrober dans des musiques festives. Et, lorsqu’ils interpellent leurs fans sur la situation des intermittents ou la mort de Rémi Fraisse, leur évidente sincérité gomme toute idée de récupération… même si ces interventions n’étaient pas forcément indispensables. Puisant dans leur vaste répertoire, ces chanteurs et multi-instrumentistes (accordéon, guitare, clarinette, tuba, contrebasse, violon, trombone, scie musicale…) ont offert plus de deux heures trente d’un show énergique et généreux, qui s’est poursuivi jusque dans le hall de l’Olympia. 
Une performance peut-être un poil trop longue... mais c’était leur anniversaire et les Ogres de Barback avaient bien le droit de céder à la gourmandise !
Annie Grandjanin


En tournée : le 6 novembre à Lyon (Le Radiant), le 7 nov. à Clermont-Ferrand (La Coopé), le 8 nov. à Nantes St Herblain (La Carrière), le 14 nov. à Rennes (Le Liberté)…jusqu'au 6 décembre au Palais des Congrès de Montélimar (dernière date de la tournée).  

3 nov. 2014

Des news, des news...




A l’occasion de la sortie du livre « Les 100 vinyls incontournables » (une sélection orchestrée avec la complicité de Jérôme Soligny), Philippe Manœuvre sera à la Fnac Montparnasse, le 14 novembre, de 18 h à 19 h pour une séance de dédicaces. La rencontre sera suivie par le direct, dans le forum de la Fnac de l’émission « EXCESsive Vinyl Session » de Ouï  FM animée par Philippe Manœuvre et Mr Joe, de 19 h à 20h .

136, rue de Rennes, 75006 Paris
Forum des rencontres, niveau -1
 

Changements d'horaires pour « George Sand, ma vie, son œuvre »,  le beau spectacle musical, interprété par Caroline Loeb sur la scène du Théâtre du Gymnase, dans une mise de scène d' Alex Lutz.


Les ven. et sam. à 19h45 et le dim. à 16 h, 
salle Marie Bell, 38, boulevard Bonne Nouvelle, 75010 Paris. Tél. : 01.42.46.79.79. www.theatredugymnase.com.