29 nov. 2013

Magic Music: sans fausse note !


(c) Didier Pallages
A priori, Sylvie Fournier et Frédéric Deville qui forment le duo du spectacle Magic Music, avaient peu de chances de se rencontrer. Elle, a longtemps travaillé dans le graphisme avant de créer Macadam Tap, une compagnie de claquettes qui a arpenté les trottoirs de Paname avant de tourner un peu partout en France et à l’étranger. Lui, a récolté des prix de violoncelle et musique de chambre, étudié le chant grégorien et la musique indienne, fondé le Quatuor à cordes Brancusi, joué auprès d’Higelin, M, Alain Bashung, Thiéfaine…
Magie ? Hasard ? Ou tout simplement une envie commune de transmettre et partager ? Ce qui est sûr, c’est que ces deux complices ont imaginé un bien joli spectacle pour emmener les enfants à la découverte des musiques du monde. Des musiques qui vont du blues aux rythmes africains, des sonorités électroniques aux mélopées orientales. Le tout en mêlant sampling, effets visuels, violoncelle et instruments traditionnels (oud, kora, grelots de pieds, tambour…). Après une mise en place, peut-être un peu longue, les artistes enchaînent des saynètes drôles et poétiques. Invités à participer, les enfants doivent ainsi deviner le titre de morceaux classiques joués à partir de bruitages et numéros de claquettes, suivre les artistes au fil de leurs escales aux quatre coins de la planète…jusqu’au final où Sylvie feuillette un grand livre pour faire apparaître les noms des protagonistes de ce joyeux et onirique voyage musical…
Annie Grandjanin

Jusqu’au 4 janvier 2014, les samedis et tous les jours des vacances scolaires, à 18 heures, à l’Essaïon, 6, rue Pierre au Lard, 75004 Paris. Tél. : 01.42.78.46.42. www.essaion-theatre.com

28 nov. 2013

Et hop, dans la hotte !


En panne d’inspiration à l’approche de Noël ? Voici quelques albums et coffrets qui devraient trouver leur place au pied du sapin:

- Voulzy à Saint-Eustache. 1 DVD + 2 CD. 2 heures de concerts et d’histoires, avec en bonus un recueil de 124 pages  rassemblant les textes écrits par Laurent Voulzy au fil de la tournée « Lys & Love Tour ». (Columbia/Sony Music)
- La Petite Sirène. Par la grâce d’Anna Karina, le conte d’Andersen, mis en chansons par Philippe Eveno, est devenu un conte musical pop rock. On y parle toujours d’amour impossible mais aussi d’écologie ! Avec Jeanne Cherhal (la petite sirène), Philippe Katerine (le prince), Barbara Carlotti, Delphine Volange….(Naïve)
- Edith Piaf.  5 CD/100 chansons. Un coffret métal, en édition limitée, dont la sortie coïncide aussi avec le  cinquantième anniversaire de la disparition de la « Môme ». (Parlophone)
- IAM – Coffret collector 12 CD + 3 DVD. Pour la première fois l’ensemble de la discographie du groupe (à l’exception du dernier album « Arts Martiens »), accompagné d’un livret de 92 pages. Sortie le 2 décembre. (Parlophone)
- Coffret Higelin Essentiel. (14 CD) Au total 13 albums studios et 1 CD de 12 titres rares et duos tels que « Duel » avec Brigitte Fontaine, « Je voudrais dormir » avec Jeanne Cherhal, « Le destin du voyageur » avec Arthur H…En bonus, un livret de 192 pages avec les textes des chansons album par album, des photos, etc…(Parlophone)
- A Mary Christmas , Mary J. Blige. Enregistrer un album de chants de Noël est presque un exercice obligé Outre-Atlantique. La chanteuse est ici accompagnée par quelques invités comme Barbra Streisand, The Clark Sisters, Jessie J et Mark Anthony.  Une collaboration inédite avec le légendaire producteur David Foster (Verve).
- Pop Rock Station By Zégut vol.2.  (Warner) Après le succès du premier volume, le célèbre animateur d’RTL2 Francis Zégut revient avec un nouveau coffret de 4 CD (les classiques, les pépites, les reprises, les live) regroupant 54 titres remastérisés. (Warner). Egalement disponible en version 2 CD (28 titres).
- Zut, c’est Noël ! Le trio Zut a eu la bonne idée de mélanger reprises et inédits dans cet album qui navigue entre pop, rock, fanfare ska ou gospel. Avec la participation de Clarika, Luce et les Wampas. A écouter notamment, une version réussie de « La fille du Père Noël » de Jacques Dutronc. (En exclusivité chez Vente Privée)
- Chantal Goya l’intégrale.  Un coffret  de 21 CD avec tous les titres remastérisés (285) et les pochettes originales. L’occasion pour les petits, les parents et même les grands-parents, de  retrouver Marie-Rose et ses amis : Pandi Panda, le Chat Botté, Bécassine…(Sterne)

- Le Soldat Rose 2. Le conte musical écrit par Pierre-Dominique Burgaud, sur de nouvelles musiques composées par Francis Cabrel. Avec Tété, Laurent Voulzy, Thomas Dutronc, Renan Luce, Nolwenn Leroy, Helena Noguerra, Camélia Jordana, Gad Elmaleh, Ours et Pierre Souchon…(BMG/Sony Diffusion).
 - We love Disney.  Les chansons des grands classiques de Disney, de “Blanche-Neige et les 7 nains” jusqu’à  “La Reine des Neiges” revisitées par des artistes comme Thomas Dutronc, Christophe Willem, Elodie Frégé, Garou, Olympe… (Mercury/Universal). Disponible le 2 décembre.


27 nov. 2013

Des news, des news...


- A l’occasion du 50ème anniversaire de la mort du pianiste et compositeur Francis Poulenc, l’INA édite « Francis Poulenc, créations mondiales et inédits ». Un double CD réunissant des séquences musicales mais aussi des entretiens radiophoniques récemment retrouvés. Disponible dès le 28 novembre.

- Enghien-les-Bains a été labellisée « ville créative » dans le domaine des arts numériques par l’UNESCO, le 21 novembre dernier. Elle rejoint ainsi Sapporo (Japon) et Lyon.

- Vingtième édition du « Only French Festival » qui se tiendra à Paris (à la Boule Noire, au Pan Piper et à la Scène du Canal) du 28 novembre au 1er décembre. Un anniversaire qui se déroule dans le cadre du « Tandem Dakar-Paris ». Au programme : Khalid K , David Sire, Mustafa Naham, Marka, Lili Cros & Thierry Chazelle, Le Cirque des Mirages, Faada Freddy, Yoro Ndiaye, Nicolas Fraissinet…

- « Tout le monde chante contre le cancer » avec Yannick Noah, Serge Lama, Grégoire, BB Brunes, Sophie Tith, Keen V, Elisa Tovati, Nicolas Peyrac…Pas moins d’une trentaine d’artistes participent à l’opération « 100 Noëls dans 100 Hôpitaux ».
Le 10 décembre, à 20h30, au Cirque d’Hiver, 110, rue Amelot, 75011 Paris.
Places à partir de 45 €. http://www.toutlemondechante.net  billetterie :http://www.toutlemondechante.dspevent.com

26 nov. 2013

Grands Prix Sacem 2013: le palmarès

Hier soir à l’Olympia, quelques minutes avant le début de la cérémonie de remise des Grands Prix Sacem 2013, on pouvait lire sur un écran : «Les droits d’auteur font vivre ceux qui vous font rêver ». Au passage, on rappelait que « La Foule » n’était pas une chanson de Piaf mais que les paroles originales étaient d’Enrique Diezo et la musique d’Angel Cabral.
Rendre à César ce qui est à César … ou plutôt aux auteurs, compositeurs, réalisateurs…le fruit de leur travail, c’est l’immense tâche à laquelle la Sacem se consacre depuis de longues années en protégeant les créateurs.
L’édition 2013 a ainsi récompensé : Serge Lama (Prix spécial de la Sacem), Etienne Daho (Grand Prix de la chanson française-créateur-interprète), Charles Dumont (Grand Prix de la chanson française- créateur), Romane (Grand Prix du jazz), Anne Dörr (Grand Prix de l’auteur/réalisateur de l’audiovisuel), Gilberto Gil (Grand Prix des musiques du monde), Zaz (Grand Prix du répertoire Sacem à l’export), Liane Foly (Grand Prix de l’humour), Rover (Prix Francis Lemarque), Bruno Fontaine (Grand Prix de la musique pour l’image), Marc Lumbroso-Remark Music (Grand Prix de l’édition musicale), Alain Kremski (Grand Prix de la musique symphonique, carrière), Frédéric Verrières (Grand Prix de la musique symphonique, jeune compositeur), Wax Tailor (Grand Prix des musiques électroniques) et Stromae pour « Formidable » (Prix Rolf Marbot de la chanson de l’année).
Une soirée un peu bavarde, comme c’est souvent le cas… Alors qu’on s’attendait à entendre chanter Stromae, Zaz et Etienne Daho, ce sont les « anciens » comme Charles Dumont et Serge Lama qui ont pris le micro…et largement mérité l’ovation du public.

25 nov. 2013

Samy Daussat célèbre l'union du rock et du swing manouche

« J’ai découvert le rock’n’roll avant le jazz. C’est la musique de mes parents » confie Samy Daussat à propos de l’album  « Nouvelle Vague ». On ne compte plus les projets musicaux mis à la sauce manouche, avec plus ou moins de bonheur, mais celui-ci est franchement réussi ! Il faut dire que ce guitariste qui a notamment joué avec le Minor Swing Quartet, accompagné Raphaël Fays, Angelo Debarre, Stochelo Rosenberg, Romane…a eu la bonne idée d’inviter Tchavollo Schmitt et une jolie brochette de musiciens (Jean-Yves Dubanton, Benoît Lebrun, Fred de Charco, David Georgelet…) pour ce retour dans les années yé-yé. Manifestement très inspirée, la formation revisite ainsi des titres comme « Souvenirs, souvenirs », « Love me tender », « Be-bop-a-lula », "Tu parles trop", « Toujours un coin qui me rappelle »… en y ajoutant des compositions personnelles telles que « Sunday morning scopitone » (S. Daussat) ou « Ballade à Marie » (T. Schmitt). A noter également, une belle reprise de "La rua Madureira", une bossa de Nino Ferrer. Tchavollo s’affirme comme un vrai rockeur et l’ensemble swingue et "twiste" avec une énergie et un talent impressionnants. Enregistrée en trois jours, dans une ambiance live, cette « Nouvelle Vague » célèbre joyeusement les noces du rock’n’roll et du swing manouche.
Annie Grandjanin

«Nouvelle Vague » (label Ouest)

24 nov. 2013

Carla chante, Nicolas signe les autographes...


Hier, on pouvait légitimement se demander si les spectateurs qui se pressaient au Casino de Paris étaient là pour applaudir l’artiste ou l’ex-première Dame de France. Avec l’espoir d’apercevoir Nicolas Sarkozy dans la salle. Ils ne furent pas déçus ! Après des « Nicolas reviens » et une standing ovation saluant l'arrivée de son époux, Carla Bruni a enfin investi la scène, accompagnée par deux musiciens. Un tour de chant qui, outre l'incontournable "Quelqu'un m'a dit" faisait la part belle aux titres de ses deux derniers albums «Comme si de rien n’était » et « Little French Songs » qu’elle n’avait pu présenter sur scène. Pour les raisons que l’on imagine…
 Dans un décor sobre : une bibliothèque, un pupitre, quelques lampes posées par terre et un écran où défilent des vidéos, elle apparaît en pantalon de cuir et veste rouge.  Une « Amoureuse » qui ne se prive pas de multiplier les clins d’œil. Notamment lorsqu’elle reprend « Si la photo est bonne » de Barbara. L’histoire d’une femme implorant la grâce d’un voyou auprès de son mari : « le président qui m’aime bien, qui m’aime tant ».  Et il suffit qu’elle interprète les premières notes de « Mon Raymond » ou « J’arrive à toi » pour que le public (qui n’a plus grand-chose à voir avec celui de ses débuts), tape des mains. Un enthousiasme qui atteint son comble  avec « Le pingouin » que d’aucuns voient comme une satire à l’encontre de l’actuel président.  Du coup, on oublierait presque qu'elle a écrit sur d’autres thèmes comme  le touchant « Salut Marin », dédié à son frère.
Et, lorsque Carla quitte la scène, après un récital plutôt réussi, c’est Nicolas qui signe les autographes…
Annie Grandjanin

En tournée en France, en Belgique, en Suisse et en Allemagne jusqu’à fin mars avec une escale à l’Olympia, le 11 mars 2014.

21 nov. 2013

Yanowski: sombre et fascinant



(c) Victor Quézada-Pérez
Dès qu’il arrive sur scène avec sa silhouette dégingandée,  l’œil charbonneux, Yanowski nous emporte, d’un coup de redingote, dans son univers halluciné et fantasque. Il y a chez cet artiste une intensité, une grandiloquence, une gestuelle théâtrale qui font songer à Brel.
Après une douzaine d’année au sein du Cirque des Mirages, avec son acolyte Fred Parker, un spectacle dans la veine des cabarets expressionnistes allemands, il a décidé de se lancer en solo avec « La Passe interdite », dont il a écrit et composé toutes les chansons.  Enfin pas tout-à-fait en solo puisqu’il a eu l’heureuse idée de s’entourer du grand pianiste Gustavo Beytelmann  (qui a notamment travaillé aux côtés d'Astor Piazolla, Catherine Ringer, Gotan Project…) et du virtuose violoniste Cyril Garac. Durant une heure trente, ce personnage aux allures de Méphisto nous invite à le suivre dans la chaleur moite et les odeurs de souffre des bouges de Buenos-Aires, nous guide au cœur d'un cabaret slave où, entre chien et loup, on donne un ultime concert, nous fait partager les angoisses d’un homme face à son miroir…
Doté d'un timbre puissant et prenant, il chante l’amour, la désillusion, la mort… mais s’envole aussi dans des pirouettes jubilatoires révélant cette dualité qui sommeille en chacun de nous. Une fascination pour l'ombre et la lumière qui nous fait passer, en un instant, de l'exaltation à la mélancolie. On sort de cette « Passe interdite », bousculé et transporté.
Annie Grandjanin

Les 29 et 30 janvier 2014, à 20 h 30, Salle Gaveau, 45-47, rue de la Boëtie, 75008 Paris. Tél.: 01.49.53.05.07 http://www.sallegaveau.com

20 nov. 2013

Le charme subtil et espiègle d'Enzo Enzo

(c) Martin Zayas
Depuis plus de vingt ans, cette artiste au timbre feutré et délicat nous emmène au gré de ses aventures musicales, de ses parenthèses d’actrice ou de conteuse pour les enfants…
 Il y a en effet belle lurette que l’ex-régisseuse du groupe Téléphone et bassiste du groupe Lili Drop a troqué sa panoplie de rockeuse contre une carrière solo consacrée à la chanson française. Un virage couronné  par deux Victoires de la Musique, en 1995, dans les catégories interprète et chanson de l’année, avec « Juste quelqu’un de bien » (écrit par Kent). « J’aime tenter de nouvelles expériences musicales mais j’ai définitivement renoncé à me lancer dans le rhythm’n’blues. Avec la voix que je trimbale, cela m’irait comme des moufles à une coccinelle » s’amusait-elle à l’époque. De coccinelles, il est d’ailleurs question dans la chanson « Fais-moi une fleur », mais aussi du « Goût de l’eau », de « Sablier » ….Des titres extraits du spectacle « Enzo Enzo chante Marie Nimier ». Hormis Art Mengo qui a composé l’essentiel des musiques (et la collaboration de Daniel Lavoie Jean Rouaud, Marc Estève…), ce cabaret littéraire est incontestablement une affaire de femmes ! Mise en scène par Isabelle de Botton, accompagnée par Delphine Gosseries (au violoncelle) et Hélène Weissenbacher (au piano), Enzo Enzo se balade avec une grâce subtile et espiègle dans les textes de Marie Nimier, alternant chansons et lecture d’extraits de romans. Ne prenez pas le risque de rater ce beau moment de poésie, à la fois moderne et intemporel, vous pourriez bien en rester « inconsolables »….
Annie Grandjanin

Le 29 novembre, à 20 heures, aux Trois Baudets, 64, boulevard de Clichy, 75018 Paris. Tél. :O1.42.62.33.33. www.lestroisbaudets.com. Et le 16 janvier 2014 au Jardin d’Acclimatation.

18 nov. 2013

Madeleine Besson: "je n'ai pas peur de me mettre à nu"



Son nom et son visage ne vous sont pas inconnus ? Madeleine est la fille de Benno Besson, metteur en scène, qui créa notamment le Berliner Ensemble avec Bertolt Brecht. Et elle a tenu le rôle de Marie dans  « 18 ans après » le film de sa maman Coline Serreau.
(c) Céline Sadonnet/Abacaba
Côté filiation musicale, en revanche, c’est le blues et le rock qui coulent dans ses veines. Qui bouillonne plutôt car, sur scène, cette artiste explose littéralement. Certains n’hésitent pas à évoquer Janis Joplin ou Aretha Franklin. Son timbre à la fois furieux et mélodieux, son incroyable énergie avaient déjà fait craquer le public des Musik’Elles où elle fut programmée en 2010 dans la catégorie « Coup de cœur ». Elle s’est également produite au Festival des Vieilles Charrues (où elle a croisé Lou Reed), a assuré les premières parties des BB Brunes ou encore de Cyndi Lauper à l’Olympia. « Voir mon nom sur le fronton de cette salle, c’était  magique » se souvient-elle. Alors, pourquoi Madeleine Besson n’a-t-elle pas encore les honneurs des grandes scènes en vedette ? Tout simplement parce que la demoiselle qui a beaucoup fréquenté les coulisses des théâtres et les plateaux de cinéma, connaît bien les pièges de ce métier. Fougueuse mais avisée, elle a travaillé « à l’ancienne », tout en écrivant et composant dans la solitude de sa chambre d’étudiante : formations à la Bill Evans Piano Academy, à l’école de Didier Lockwood, à la New York University for Jazz and Contemporary Music, concerts dans les bars, les clubs…… Bref, elle a cultivé ses atouts et enchaîné les expériences,  avant d’envisager l’enregistrement de ses chansons. « J’ai besoin d’avoir confiance. Aujourd’hui, je me sens plus mâture. Je n’ai pas peur de me mettre à nu. Les bases de ce métier, c’est d’essayer des choses et de gagner le respect de ses musiciens » confie-t-elle. En tout cas, elle a gagné celui de David Coulter (Arthur H, les Pogues, Tom Waits…) qui a réalisé « The Walker », un single sorti le 5 novembre dernier en attendant l’album prévu en mars prochain.  Des chansons essentiellement en anglais. « Je pense en français mais les mots sortent en anglais » explique Madeleine qui a passé son enfance à Los Angeles et revendique sa double culture. Cela dit, elle ne refuse pas l’idée de collaborer avec d’autres auteurs. « J’ai appris à être interprète. C’est un challenge qui me plaît. Comme de chanter devant des gens qui ne me connaissent pas et de les convaincre ».  Tout en confirmant un virage nettement rock-pop dans son répertoire, elle a eu la bonne idée de laisser tomber le perfecto pour une tenue plus glamour qui met en valeur les multiples facettes de son talent. Et du talent, elle en a à revendre !
Annie Grandjanin

« The Walker » (Abacaba). 

16 nov. 2013

La Famille Semianyki: une loufoque smala russe



Ils ont débarqué pour la première fois en France, en 2003, au Festival Off d’Avignon avant de tenir l’affiche pour une cinquantaine de dates au Théâtre du Rond-Point en 2011. Cette fois, c’est sur la scène du Palace que ces six clowns issus du fameux teatr Licedei de Leningrad, installent leur décor de bric-à-brac. Sans paroles, jouant essentiellement sur la gestuelle et le comique de situation, le spectacle donne l’image d’une famille ubuesque, totalement frappadingue : la mère enceinte jusqu’au cou joue de ses charmes volumineux pour retenir un mari picoleur qui menace constamment de faire sa valise, tandis que le passe-temps favori de leur marmaille (3 filles et 1 garçon) consiste à imaginer comment tuer le père tout en faisant tourner la mère en bourrique ! Avec sa couche-culotte et sa tétine, la petite dernière rappelle un peu Maggie Simpson. Au début, on a un peu de mal à entrer dans l’univers absurde de cette loufoque smala russe. Mais très vite, on se laisse emporter par l’enchaînement de gags de haute volée comme le numéro de chef d’orchestre du fils échevelé, celui du père, les bras immobilisés par un bâton de ski, tentant de boire sa vodka ou d’allumer une cigarette, la fille armée d’une lampe torche qui cherche son père dans la salle… jusqu’à la scène finale qui part totalement en vrille. Du grand art burlesque !
Annie Grandjanin
Jusqu’au 5 janvier au Palace, 8, rue du Faubourg Montmartre, 75009 Paris. Du mar. au sam. à 19 h 30, mat. sam. et dim. à 16 h. Tél. : 01.40.22.60.00. www.theatrelepalace.fr

15 nov. 2013

Parade Fauve: entre rire et émotion


(c) Pascal Lafay

Parmi toutes les commémorations qui entourent le centenaire de la Grande Guerre, cette « Parade Fauve » apparaît comme un témoignage rare puisqu’elle donne notamment la parole aux Poilus. Serge Hureau et ses complices du Hall de la Chanson, ont en effet effectué un véritable travail d’historien en sortant de l’anonymat des textes comme « Dans les tranchées de Lagny », sur l’air de « Sous les ponts de Paris » de Vincent Scotto. Dans un décor de camouflage dont on apprend que les motifs ont été inventés par les peintres d’avant-garde de 14-18, le spectacle démarre par des couplets revanchards : « Le rêve passe », « Ce que c’est qu’un drapeau », « le violon brisé »…
 Sur scène, Serge qui endosse aussi les rôles du narrateur ou du fameux comique-troupier, est accompagné par deux artistes talentueux : Manon Landowski et Olivier Hussenet. Au fil d’une revue qui passe de l’émotion au rire, du patriotisme au désespoir, on découvre des interprétations inédites de succès comme «Lied eines jungen wachtpostens », la version d’origine de Lili Marleen ou «  Quand Madelon », qui prend ici les accents d’une complainte. Soutenus par deux musiciens Cyrille Lehn (piano) et Lionel Privat (guitares et percussions) qui utilisent également des instruments de poilus, dont un reconstruit pour l’occasion, les artistes revisitent le répertoire de l’époque : « Au bois le Prêtre », «Avec Bidasse »… sans oublier le surprenant « Hanging on the Old Barbed Wire », d’un anonyme britannique, sur l’air de « The British Grenadiers » (dans la version textuelle du groupe Chumbawamba, 1988). 
Au-delà du spectacle, c’est toute une page de l’histoire qui est illustrée ici par le biais de chansons dont quelques-unes ont survécu au temps pour s’inscrire dans la mémoire collective.
Une parade qui se termine par le poème « Bleuet » de Guillaume Apollinaire (datant de 1917 et mis en musique par Francis Poulenc en 1939). Un clin d’œil, sans doute, à ces combattants qui sont peut-être partis « la fleur au fusil » mais qui, après quelques mois dans les tranchées, parlent aussi de la peur, du sacrifice et de la solitude.
Annie Grandjanin

Le 23 novembre à 20 h 30 et le 24 novembre, à 16 h, Hall de la Chanson, Pavillon du Charolais, 211, avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris. Tél. : 01.53.72.43.01. www.lehall.com
(ce spectacle a reçu le label "centenaire" délivré par la Mission du Centenaire de la Première Guerre Mondiale).

8 nov. 2013

Bertrand Louis électrise la poésie de Philippe Muray

(c) Thibaut Derien

Dans ses précédents albums, Bertrand Louis nous régalait volontiers de citations littéraires. Avec « Sans moi », il s’est plongé dans l’univers de l’essayiste Philippe Muray. Douze textes extraits du recueil « Minimum Respect », paru en 2003, peu de temps avant la mort de l’auteur. Un auteur qui toute sa vie a porté un regard perçant, désabusé et ironique sur le monde et ses contemporains.
Étrangement, le premier roman de Muray s’intitulait « Chant pluriel »...Le résultat de cette œuvre commune puisque Bertrand a composé toutes les musiques est d’une rare et belle intensité. Sur scène, entre ballades envoûtantes et envolées très électriques, grâce à la complicité de l’excellent guitariste Jérôme Castel, le timbre prenant du chanteur, imprégné par la rage et l’humour grinçant de Muray,  nous embarque d’emblée dans des morceaux comme « Ce que j’aime », « Lâche-moi tout », « Sans moi » ou encore « Futur éternel de substitution ». L’heure est grave, mais pas vraiment désespérée ! En effet, les accents rock et énergiques que Bertrand Louis apporte aux sentences sombres de Muray donnent à l'ensemble un côté jubilatoire. A noter également, la lumineuse présence de la chanteuse Lisa Portelli. Petite facétie de l’artiste,  la doublure léopard de sa veste noire qu’il laisse entrevoir entre deux accords au piano. On n’est pas à l’abri d’un beau succès…
Annie Grandjanin

Ce soir, à 20h30 et les 13 et 15 Janvier 2014, à l’Espace Christian Dente/Manufacture de la Chanson, 124, avenue de la République 75011 Paris. Tél. : 01.43.58.19.94. www.manufacturechanson.org
Album « Sans moi » (MVS Records)

Frédéric Zeitoun : une belle et joyeuse leçon de vie

Il a baptisé son spectacle (coécrit avec François d’Epenoux)  « L’histoire enchantée du petit juif à roulettes ». Pas grand-chose à voir avec un conte pour enfants. Parce que, franchement, le jour de la naissance de Frédéric Zeitoun, les bonnes fées ont surtout brillé par leur absence !
On pense au fameux « je suis noir, juif et borgne » attribué à Sammy Davis Jr. Frédéric lui est fils d’immigrés tunisiens, juif, myope, bègue et dans un fauteuil roulant ! Pour le bégaiement, cela s’est manifestement arrangé…
 Après un début un peu déroutant, on entre rapidement au cœur du sujet : un spectacle sur la différence. Et, même si le chroniqueur musical balaye les embûches rencontrées d’un tour de roue parfois grinçant, le ton est le plus souvent celui de l’humour, de la tendresse. Que ce soit pour évoquer ses années d’écolier pas comme les autres, ses premiers émois d’adolescent où il jouait surtout le rôle du confident ou ses débuts à la télévision grâce à Jacques Martin. Entrecoupé de séquences d’actualités, de chansons drôles et touchantes comme « Mes vacances chez Franco », ce spectacle, mis en scène par Alain Sachs, nous interpelle, entre deux éclats de rire, sur le handicap, la religion, l’ignorance, le libre arbitre…
Accompagné par la violoncelliste Cécile Girard (qui incarne également Madame la Vie) et l’accordéoniste Anthony Doux,  Frédéric nous émeut et nous fait rire. Notamment  lorsqu’il raconte les vendredis soir en famille, les parfums épicés de son enfance ou encore l’arrivée d’un bébé à la maison, malgré la démission des cigognes. Une belle et joyeuse leçon de vie...
Annie Grandjanin

Jusqu’au 30 décembre, les dim. à 19h et les lun. à 21h, à la Gaîté Montparnasse, 26, rue de la Gaîté, 75014 Paris. Tél. : 01.43.22.16.18. www.gaite.fr

6 nov. 2013

News de novembre...

Katia et Marielle Labèque (c) Umberto Nicoletti
- « C’est pas classique ». Un bien joli nom pour ce festival qui propose un riche programme, entièrement gratuit ! Au menu, pas moins de 70 spectacles en 3 jours : les sœurs Katia et Marielle Labèque, « Bouquet final », la tournée d’adieu du fameux Quatuor, un hommage à Gainsbourg inspiré par Chopin, le Requiem de Mozart par le Chœur Philharmonique de Nice,  le Quatuor Ludwig, « Petit Violon deviendra grand » (conte musical pour enfants de 3 à 10 ans)…
Du 8 au 10 novembre, au Palais Acropolis de Nice. Programme complet sur http://www.cpasclassique-cg06.f

- Chanson française en Sorbonne. Le 21 novembre prochain, à 20 h 30, la chanson et la poésie sont à l’honneur, à l’Amphithéâtre Richelieu avec un plateau réunissant Francis Lalanne, Jil Caplan, Bertrand Burgalat, Jean Fauque, Benoît Carré, Emilie Marsh et les poètes Thierry Renard et Matthias Vincenot. Les artistes seront accompagnés par l’Ensemble DécOUVRIR. Comme toujours, l’entrée est libre mais il est prudent de réserver au 01.40.46.33.72 ou sur agenda-culturel@paris-sorbonne.fr
La Sorbonne, Amphithéâtre Richelieu, 17, rue de la Sorbonne 75005 Paris.

Prix Chorus 2014. Pour la 5ème édition du dispositif de repérage des jeunes talents, le Conseil général des Hauts-de-Seine lance un appel à candidature pour les groupes ou artistes qui souhaitent participer à ce concours. Le lauréat recevra une aide professionnelle de 15 000 € et bénéficiera d’un solide soutien pour développer sa carrière. Dossiers d’inscriptions et modalités disponibles sur blogchorus.hauts-de-seine.net et par téléphone au 01.47.29.30.48.
Attention, les dossiers sont à retourner au plus tard le 10 janvier 2014 !
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4 nov. 2013

Manu Katché: "mon destin est incroyable !"


Sa créativité, son groove, le son particulier de ses drums ont fait de Manu Katché l’un des batteurs les plus polyvalents et recherchés de sa génération. Il a accompagné les grands noms de la pop internationale et du jazz, de Peter Gabriel à Sting en passant par Marcus Miller, Herbie Hancock, Jan Garbarek… Des rencontres, qu’il évoque dans  « Road Book », un ouvrage sorti il y a quelques jours….
Comment qualifier ce livre : mémoires, souvenirs ?
- S’il s’agissait de mémoires, il ferait 600 pages ! Ce sont juste des anecdotes avec des artistes internationaux et une récapitulation très succincte de mes années françaises. L’idée était de témoigner de mon parcours. Celui d’un môme de banlieue qui a joué avec des dinosaures de la musique.
Vous n’avez pas la réputation de « brosser les gens dans le sens du poil ». Pourtant, ici, vous ne parlez que de gens que vous aimez ?
Généralement, quand vous évoquez vos souvenirs, ce sont les jolies choses qui vous reviennent. Même avec Mark Knopfler, un mec difficile d’accès, mais cela s’est arrangé à la fin…
On découvre notamment que vous avez refusé de travailler avec Mick Jagger ?
J’étais évidemment flatté qu’il m’appelle et je me souviens que lorsque j’ai dit non, il y a eu un blanc au bout du fil. J’ai beaucoup aimé les Stones. Mick est quelqu’un d’élégant et de sympathique mais, à l’écoute de la cassette, je ne voyais pas ce que je pouvais apporter de plus avec mon style. Nous aurions été frustrés tous les deux. Il faut connaître ses limites. C’est  d’ailleurs pour ça que je suis resté en France.
C’est-à-dire ?
Parce que je ne serais peut-être pas allé à l’essentiel. Je me serais banalisé.
Vous ne tarissez pas d’éloges sur Peter Gabriel en affirmant qu’il a déclenché ce que vous alliez devenir ?
J’ai eu la chance de suivre une formation classique. J’ai appris les rudiments de la musique avec une approche complètement neutre. J’avais quelques références dans le jazz et la soul mais, au début, je lisais les partitions. En séance d’enregistrement, on me disait de jouer comme untel. Lorsque j’ai rencontré Peter, il m’a demandé de jouer comme je le sentais. Cela m’a un peu paniqué car c’était la première fois qu’on me tenait ce discours. Il m’a fait confiance et est allé chercher chez moi ce qui était en gestation. C’est à partir de là que j’ai vraiment développé mon style. Peter est un humaniste, à l’écoute des autres.
Vous lui avez pourtant raccroché au nez deux fois ?
C’est vrai. Il m’a téléphoné alors que j’étais au ski avec des copains et j’ai cru à une blague de leur part. Ce n’est qu’au troisième appel que j’ai réalisé que l’accent de mon interlocuteur était vraiment très british. Je n’ai jamais su comment il avait trouvé le numéro de mon hôtel à l’Alpe d’Huez !
Vous terminez « Road Book » sur Herbie Hancock, que vous appelez le patron ?
Herbie, c’est toute mon enfance. Je suis dingue de lui depuis toujours. Mon destin est incroyable et le rencontrer, ce fut la cerise sur le gâteau.
Vous n’avez jamais raté de rendez-vous ?
Si, bien sûr. L’une de mes frustrations est de ne pas avoir joué avec Miles Davis !
Peut-on dire que ce livre prouve qu’on n’est pas forcément né du mauvais côté de la Manche ou de l’Atlantique ?
C’est en effet l’idée. Même si, dans le jazz, les musiciens européens n'ont rien à envier aux américains ! Bien au-delà de la bonne étoile, j'ai voulu montrer qu’il y a des rencontres qui doivent se faire. C’est la force du milieu artistique. Quand j’étais jeune, on ne parlait pas d’intégration. Si j'ai un message à faire passer, c'est qu'il faut bosser, se donner les moyens. Il n’y a pas de gens inaccessibles…
Propos recueillis par Annie Grandjanin

« Road Book » (Ed. Le Cherche Midi), 224 pages, 16,50 €.