31 mai 2013

L'excellent Cabaret Boris Vian

(c) Christophe Raynaud de Lage
« J’ai voulu mettre en scène un cabaret pressé, presque bousculé, qui doit rendre compte du bouillonnement qui habitait cet homme » explique Serge Bagdassarian qui a mis son talent au service de ce très bel hommage à l’œuvre de Boris Vian. Un hommage qui n’a évidemment rien de compassé mais qui colle à l’esprit frondeur, fantasque, poétique, parfois poignant, de ce touche-à-tout de génie. Comédien, chanteur, doué d’un sacré swing, Serge Bagdassarian est accompagné d’artistes à la hauteur ! Véronique Vella,  dans le fantaisiste « Mozart avec nous » ou le bouleversant « Je voudrais pas crever », Cécile Brune inimitable dans sa version d’« Une bonne paire de claques », Françoise Gillard,  Florence Viala, Elsa Lepoivre. Côté garçons, Jérémy Lopez et Stéphane Varupenne complètent parfaitement un casting sans fautes. Et lorsque l’ensemble se retrouve pour entonner la « Cantate des boîtes », le plaisir est à son comble. On salue également le choix subtil des chansons, les arrangements et la direction musicale de Benoît Urbain (pianiste et accordéoniste), les musiciens en live. Et la mise en scène inventive comme la scène du bain de pieds dans du champagne pour "J'suis snob" ou le joyeux défilé de "Ne vous mariez pas les filles". Démarrant sur un l’énergique « Rock and roll-mop » pour se terminer en beauté avec le fameux « Va t’faire cuire un œuf, man », ce « Cabaret Boris Vian » vous immunise, à coup sûr, contre la sinistrose ambiante !
Annie Grandjanin

Jusqu’au 30 juin, du mercredi au dimanche, à 18 h 30, au Studio-Théâtre, Galerie du Carrousel du Louvre, 99, rue de Rivoli, 75001 Paris. Tél. : 01 44 58 98 58.

30 mai 2013

Solidays: 15 ans déjà !

Voilà un anniversaire qui nous rend à la fois heureux et tristes ! Heureux parce que Solidays est une manifestation particulièrement conviviale qui célèbre la musique, la fraternité et la solidarité. Et tristes car sa longévité confirme que la mobilisation pour lutter contre les ravages du sida est toujours d’actualité. « Le plus jeune des grands festivals. L’ambiance et l’état d’esprit y sont uniques » confie Antoine de Caunes, Président d’Honneur de Solidarité Sida. Baptisée « In Love we Trust », cette nouvelle édition rassemble une fois de plus des artistes confirmés et des étoiles montantes.  A l’affiche :  Bumcello, Wax Tailor, Orelsan, Kery James, Asaf Avidan, David Guetta, Maceo Parker, Alice Russel, Tryo, La Femme… sans oublier M qui passera (le 28 juin) après son concert au Zénith ! Au total, pas moins de 200 artistes qui se produiront sur les 5 scènes de Longchamp mais aussi un Forum Café avec des rencontres animés par des personnalités du petit écran, une expo « Sex in The City », le « Patchwork des Noms », en hommage aux victimes du sida, la présence de nombreuses associations et un espace gratuit, ouvert aux enfants de 3 à 10  ans animé notamment par le groupe ZUT (préinscription obligatoire sur solidays.org, rubrique « animations »).
Annie Grandjanin

Le 28 juin de 16 h à 4 h 30 du matin, le 29 juin de 14 h à 4 h 30 et le dim. 30 juin de 13 h à 23 h, à l’Hippodrome de Longchamp. Pass 2 et 3 jours épuisés, bientôt complet le samedi et camping également complet. Billet jour à 39  € et billet nuit à 29 €. Gratuit pour les – de 10 ans.
Infos sur www.solidays.org

28 mai 2013

Les 2G, artistes de music-hall: doublement réjouissant


Imaginé par Jean-Luc Revol, qui se produit ici avec Denis d’Arcangelo, ce spectacle est un hommage au music-hall des années 30. Un hommage truffé de références et de clins d’œil à Charpini et Brancato mais aussi à Dranem ou  Félix Mayol. Endossant la queue-de-pie de Georges et Gaëtan, des artistes qui font leurs adieux à la scène, après 40 ans de carrière, ces iconoclastes nous offrent un show follement décalé : numéro de ventriloquie, chansons animalières, parodie surréaliste de Pierre et Marie Curie découvrant le radium… le tout entrecoupé de chorégraphies et  de gags délirants. Jean-Luc Revol et Denis d’Arcangelo forcent évidemment le trait mais ils le font avec talent et un sens aigu de l’autodérision. Accompagnés par deux musiciens, en live, ils mêlent avec bonheur des chansons de Mistinguett ou Bernard Dimey et des textes d’auteurs comme François Morel, Juliette, Pierre Notte, Frédéric Botton, Pierre Philippe…Un pur moment de music-hall, irrévérencieux et totalement réjouissant.
Annie Grandjanin

Du mardi au vendredi à 21h, le sam. à 16 h et 21 h et le dim. à 17h, au Théâtre du Petit Saint-Martin, 17, rue René Boulanger 75010 Paris. Loc. au 01 42 08 00 32.


20 mai 2013

Festival Jazz Musette des Puces: 9ème édition


En 2005, sous l’impulsion de Serge Malik et Didier Lockwood, ce festival dédié au jazz manouche, au swing et au musette a investi les rues, les terrasses et les bistrots de Saint-Ouen, renouant ainsi avec une tradition quelque peu oubliée. Le pari était d’autant plus audacieux que le genre ne bénéficiait pas encore de la vague « manouche » qui a déferlé un peu partout ces dernières années. A l’époque, les organisateurs ont misé sur le côté festif et un esprit d’ouverture permettant à des artistes et musiciens d’horizons divers de se retrouver sur scène pour des bœufs mémorables. Et si les concerts sont toujours totalement gratuits, la programmation est loin d’être bradée ! Outre la traditionnelle « Tournée des bars » (avec 24 groupes et orchestres résidents), le concours « Jeune Talent » Sacem, l’édition 2013 réunit Axel Bauer, Nadeah, Amandine Bourgeois Ninine Garcia, Stochelo Rosenberg, Ludovic Beier, Marcel Campion, Paco Sery, Richard Galliano, Didier Lockwood,  la Fanfare Boumamatari…Et, en clôture, le grand bal du dimanche soir avec « La Guinche » (Place Django Reinhardt).
Annie Grandjanin

Les 21, 22 et 23 juin, dans 25 lieux à Saint-Ouen. Site : www.festivaldespuces.com


La bande du Tabou : à suivre...




Le spectacle démarre sur l’hymne du Tabou : « Ah ! si j’avais un franc cinquante ». On parle en franc évidemment puisque cette création collective nous replonge dans l’ambiance des années cinquante à Saint-Germain-des-Prés. Sur scène, 12 comédiens, chanteurs et musiciens incarnent ces figures emblématiques qui firent le succès du Tabou : Juliette Gréco, Boris Vian, Serge Gainsbourg, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, Françoise Sagan, Jacques Prévert… et même Zazie, celle de Raymond Queneau. L’occasion de réécouter des succès tels que « Déshabillez-moi », « Le déserteur », « Fais-moi mal Johnny », « J’suis snob », « La java des bombes atomiques »…
L’idée de faire revivre cette cave mythique de la rue Dauphine est originale et nous offre de belles séquences comme cette réclame Radiola, avec des images d’archives et commentée en live, une tonique version du « Jazz-band » de Léo Ferré, un medley américain plutôt réussi (Only You, Summertime, Georgia, Stand by me…) Et surtout Lorraine de Sagazan,  épatante dans le rôle de Simone de Beauvoir. Mais on reste parfois en marge du bouillonnement culturel et intellectuel de ces années là. Quant aux voix, elles ne sont pas toujours à la hauteur de la partition. Gageons qu'après quelques ajustements et représentations supplémentaires, cette troupe enthousiaste et énergique devrait embarquer un public nostalgique d'une époque où l'on refaisait le monde sur fond de jazz, de be-bop et de philosophie existentialiste.
Annie Grandjanin

Jusqu’au 23 juin, les mar. jeu. et sam. A 19 h 30, les mer. et ven. à 20 h 30 et le dim. à 15 h 30, au Théâtre 13/Jardin, 103A, boulevard Auguste Blanqui, 75013 Paris. Loc. au 01.45.88.62.22.